Trans-Amazonie

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mardi 28 janvier 2014

ARRET SUR IMAGE

Mardi 28 janvier 2014

Ce dimanche 26 janvier nous a porté la poisse. Alors que nous nous installions dans un bus allant de Popayan (où nous venions d'arriver) pour rejoindre la ville de San Agustin, nous nous sommes faits voler toute notre informatique (netboock, tablette et liseuse)... Toute démarche a été faite auprès de la police mais cela ne nous rend pas pour autant notre matériel!
Ainsi démunis, il nous est impossible de publier les pages suivantes de notre blog... Malgré tout, nos impressions au jour le jour seront consignées dans un gros cahier.
Et la suite sera publiée une fois rédigée, avec les photos, à notre retour prévu le 24 février.
Cependant, nous consulterons régulièrement notre messagerie via l'équipement des hôtels.
A très bientôt.
Anne et Christian

samedi 25 janvier 2014

LA ZONA CAFETERA



Jeudi 23 janvier 2014
Et nous avons passé la journée au soleil... Dans l’hacienda Guayabal, commune du Chinchina, à quelques 25 kilomètres au Sud-Ouest de Mandizales !
La charmante propriétaire de notre “Auberge de Jeunesse”, nous avait expliqué hier comment nous rendre par le bus, à Chichina, une petite ville proche et riche de 80 000 hectares de plantations de café... Et sur les coups de 9heures30, nous posions le pied dans cette petite localité des Andes Colombiennes, après une route sautant d’une montagne à l’autre, nous annonçant très rapidement la couleur des caféiers.
Coup de bol, une jeune femme en attente du car pour Cali, nous entendant parler la langue de Molière et se doutant du but que pouvaient avoir 4 français (sympathiques...si, si!) arrivant si tôt le matin dans sa ville, nous orientât vers la Plantation où elle travaillait comme “guide”, et d’un coup de fil à ses patrons, organisât notre accueil... C’est’y pas bien !
Un taxi en cinq minutes nous grimpât à la Plantation et nous fûmes reçus de la façon la plus charmante et attentive qui soit par une jeune femme, qui s’est révélée être la fille de Dona Teresa, la propriétaire de l’hacienda.
Nous avons bien passé 4 heures dans cette Plantation de 750 hectares, et après une demi-heure d’attente à nous enivrer du spectacle des flancs de montagnes plantés de caféiers, de cacaoyers (car nos hôtes produisent aussi des fèves de cacao), d’arbres et de plantes tropicales avec une tasse d’un des meilleurs “arabica” du Monde dans la main, un employé nous entrainât dans la nature pendant 2 bonnes heures pour tout nous expliquer de la culture du café, de la plantation, des plans au traitement des grains jusqu’à la mise en sacs.
Un régal.
Un plan se met à produire au bout de 2 ans et au bout de dix ans, trop haut pour la récolte, il est coupé pour qu’un rejet prenne la relève. Il y a deux récoltes par an pour cueillir à la main le fruit devenu petite “cerise” rouge , chaque récolte durant environ 3 petits mois. Alors environ 30 saisonniers sont embauchés pour prêter “main forte” aux 50 employés permanents du Domaine.
Le jour même de la cueillette le grain est dépulpé, ensuite il est stocké pour qu’il fermente légèrement de sorte à ce que la substance gélatineuse et les sucres puissent-être éliminés par lavage, il convient par la suite de débarrasser le grain de son écorce et de sa fine pellicule et enfin intervient le séchage, soit longtemps au soleil comme nous avons de multiple fois vu, mais ici dans un four qu’une soufflerie d’air chaud porte à 200°.
De ces opérations “mécaniques” ressort le petit grain vert qui sera destiné, soit au marché colombien, soit à l’exportation lorsqu’un “Jacques Vabre” quelconque viendra soupeser les grains et repartira, sourire sous le “sombrero” et en sautillant sur un air de flûte indienne, avec sa cargaison de sac de café grimpée sur un pick-up !
De retour aux habitations, nous eûmes droit à un cours magistralement donné par un des fils de Dona Teresa qui est venu nous rejoindre par la suite, et nous étions censés avoir tout compris de l’importance donné en Colombie en général et par la Plantation Guayabal en particulier, au traitement qualitatif des grains, pour faire que la Colombie avec 13% de la production mondiale soit le 2ème producteur de la planète, de l’importance aussi de savoir torréfier et moudre correctement le café pour en faire cette boisson suave appréciée des amateurs les plus exigeants... Dégustation à l’appui.
Et Dona Teresa pour nous remercier de notre visite, nous offrit une superbe coupe de glace au café sur un lit de dés de melon et de grains de raisin, le tout coiffé d’une grosse fraise juteuse.
Notre dû payé (un droit de visite pas cher pour nous),et notre taxi arrivant, nous prîmes congés, il était 14heures bien sonnés...
Une demi heure plus tard nous étions à table (il y en a dans la troupe qui ne plaisante pas avec ça), et bus de retour repris, puis un taxi à “fond les ballons” dans les rues en pente vertigineuse de Mandizalès, nous étions “à la maison” à 16heures tous les 4 ravis de notre journée.
Il nous reste dans notre sommeil à rêver de l’histoire fabuleuse d’un petit grain de café dont des moines Ethiopiens tirent une boisson “fascinante” il y a environ 1300 ans, avant que des plantations “en règle” soit réalisées au 14ème siècle au Yemen... Et le café arrive en Europe au 17ème siècle de sorte, que face à son succès, les Hollandais développent le caféier dans leurs colonies, en Asie du Sud-Ouest et notamment au Surinam, Guyane Hollandaise, imités par les Français dans leurs Antilles et Guyane et... Ce serait plus tard que par des liens entre des ecclésiastiques des Antilles Françaises et leurs homologues Colombiens, que le café entre en Colombie pour être implanté en ces terres avec le succès que l’on connaît, dû à un climat idéal pour la plante à ce niveau des Cordillères... Pour ce dernier point ce n’est qu’une hypothèse, la plus vraisemblable pour certains, mais qu’importe puisque le rêve n’exige aucune validation historique surtout quand elle est impossible à établir.
Et puis le rêve n’a pas de limite, imaginons alors que mon délire tourne au surréalisme, pourquoi ne pas me voir en Planteur de décaféiné !
Par contre la réalité moins rose, est que le cours mondial du café s’est hélas écroulé ces dernières années mettant les producteurs Colombiens dans la difficulté, parlons d’eux puisque nous sommes ici, avec pour conséquence directe une production nationale en nette baisse. Un plan d’urgence aurait été mis en place avec des effets positifs depuis 2012.
Amis buveurs de thé, n’oubliez pas le café... “L’arabica” de Colombie bien entendu.



























Vendredi 24 janvier
La “zona Cafetera”, qui représente la principale région de café de Colombie, à la forme d’un triangle dressé sur sa pointe dont l’axe vertical va de Manizales à Arménia. L’Hacienda Guayabal où nous avons passé une partie d’hier se situe donc dans la partie gauche de ce triangle.
En trois heures et des poussières de route ce matin nous avons parcouru les 110 kilomètres de virages de la “Panaméricaine”, qui représentent précisément cet axe en question et après une halte “passagers” à mi-chemin dans la ville de Pereira, nous sommes arrivés vers midi moins le quart à destination, la ville d’Arménia, à la pointe Sud de notre triangle vert.
Arménia comme Arménie m’a expliqué Anne le nez dans sa tablette... C’est à la suite du génocide de 1915 que le gouvernement de Colombie, dans geste solidaire d’humanisme, aurait débaptisé cette ville pour lui donner l’appellation qu’elle porte depuis... La Colombie comme d’autres Etats d’Amérique du Sud, aurait-elle accueilli des réfugiés Arméniens ?... Ce n’est pas impossible.
Revenons à la route, en première partie nous avons longé ces paysages dont j’ai parlé hier, montagneux aux profondes vallées, et aux coteaux plantés de caféiers qui apparaissent de loin comme autant de petites boules vertes posées régulièrement sur le sol, par contre en seconde partie, la route s’est transformée en 4 voies avec terre plein central et ce sont plutôt les vaches qui ont remplacé les arbustes à café.
La ville de Peirera nous a paru au passage nettement plus moderne que Manizalès, avec un centre composé de hauts immeubles, et celle d’Arménie, importante aussi, plus plane et basse mais beaucoup plus souriante et colorée que les deux autres. Il est vrai qu’en descendant nous remontons en température et la tenue de la population s’est faite plus légère malgré les presque 1500 mètres d’altitude de la ville.
A quelques “encablures” de Pereira, nous avons vu se dessiner, noyés dans le ciel bas et sur notre gauche, les hauts sommets du “Parque National Natural Los Nevados” composés de quelques volcans dont les trois plus hauts (dont 2 autour de 5300 mètres), sont couronnés de neige toute l’année pour le plus grand plaisir des randonneurs Colombiens qui peuvent les escalader sauf quand ils donnent des signes d’activité... Comme ce serait le cas en ce moment.
Nous n’irons pas !
Et à 15 kilomètres de l’arrivée, c’est la petite ville de Salento, toujours à notre gauche, qui était posée au loin sur une espèce d’alpe, et que nous irons voir demain, pour la ville dont la visite serait du genre “incontournable” et probablement pour la vallée de Socora qui peut être atteinte à partir de cette localité.
Il y a aussi à l’Ouest d’Arménia “le  Parque Natural del Café” mais de lire dans nos guides que c’est une sorte de Disney Land tropical, nous frappe de café à ne pas avoir envie d’en prendre, surtout après notre belle visite d’hier.
Nous en ferons l’impasse aussi.
Que faire à Arménia, pas grand chose. Après nous êtes installés dans un hôtel proche de la place Bolivar, nous avons déjeuné dans le quartier (nous avons tous les 2 donné dans la truite, à l’ail pour moi, la spécialité de la région), d’un taxi nous sommes allés à l’autre bout de la ville voir le “Museo del Oro Quimbaya” aménagé dans un très beau bâtiment de brique, dessiné par Rogelio Salmona, un Architecte Colombien élève de Le Corbusier. A l’arrivée des Espagnols se sont les Quimbayas” qui habitaient la région et ce musée propose peu de pièces mais quelques une très belles, une tombe d’un Cacique aussi, reconstituée j’imagine mais autour d’une vraie dépouille.
Quelques courses “miam-miam” en retour dans le quartier de notre hôtel, non sans avoir été avant faire le tour de la “Plazza Bolivar”, bondée d’un monde qui à l’image de ces villes de Bolivie ne respire pas l’aisance. Pas visitée la “Catedral de la Inmaculada”, sans grand intérêt extérieur, ses portes étaient fermées.
A 16heures30 nous étions les uns et les autres dans nos grandes chambres, avec de quoi manger ce soir et demain matin (nous saturons des petits déjeuner locaux) avec rendez-vous demain matin à 8heures15 dans le hall.













Samedi 25 janvier 2014
Nous n’étions que 3 “d’attaque” ce matin, François fiévreux voulait garder la chambre, donc c’est en “trio” que nous avons vécu une bien belle journée, conforme à nos souhaits.
Le petit bus blanc qui fait la navette, nous a pris à deux coins de rues et 30 minutes plus tard il nous déposait sur la grande place de Salento, au Nord-Est d’Arménia.
Anecdote rigolote
, Au moment où nous sommes arrivés au bon coin de rue pour prendre le minibus de Salento, nous y avons trouvé un autre bus affichant une destination différente. Pour vérification, Danielle, qui fait mieux que de baragouiner l’Espagnol, demande au chauffeur par la porte ouverte si l’endroit est le bon pour notre bus également.
Sans perdre une minute, notre chauffeur sort son portable, passe un coup de fil et nous demande de monter... Pour nous déposer 200 mètres plus loin au “cul” de la navette qui venait de passer, afin que nous montions dedans. Voici pour résumer la gentillesse des Colombiens, telle que nous pouvons l’apprécier depuis Leticia !
Inévitablement, comme sur toutes les routes que nous avons jusque là empruntées, le voyage s’est fait sous l’œil armé des militaires, égrenés le long des parcours et qui avec un grand sourire vous font signe du pouce levé que la sécurité est assurée.
Que personne ne prenne peur pour nos peaux, elles sont bien bronzées et nous voyageons l’esprit serein.
Salento pour les Colombiens c’est en matière de tourisme, Locronan pour les Bretons, Riquewihr pour les Alsaciens ou Vallauris pour les Côte-Azuréens... Toutes proportions gardées car les populations ne sont pas les mêmes, le poids du tourisme “étranger” non plus, et non plus sur la qualité de l’architecture car à regarder en détail, derrière le ravalement coloré des façades, un bâtiment sur trois serait en France déclaré en état de péril... Mais Salento, fondée seulement en 1842, a le charme “fou” d’une petit village authentique d’altitude (env. 1900 mètres), à faire venir le week-end des promeneurs de partout, de Medellin, de Cali et même de Bogota comme en témoignaient les plaques des automobiles que nous avons vu arriver en mi-journée, alors que nous nous installions autour d’une table d’une des nombreuses baraques de restauration, qui nous mijotait une truite du Rio Quindio qui passe dans la vallée au pied de la cité.
L’autre intérêt de la ballade à Salento est de prendre une des jeeps en stationnement dans le méli-mélo de la place, sous le regard indifférent du Liberator, seul moyen pour rejoindre à 30 minutes de petite route le hameau de Cocora (2800 mètres env.), départ des randonnées dans la vallée éponyme. Nous avons bien mis trois quarts d’heure à attendre qu’une bagnole est son compte de passagers pour partir, et nous nous sommes retrouvés dans un univers, d’alpages comme on dirait chez nous, puis nous avons pris la caillasse pour nous enfoncer dans cette vallée étroite couleur émeraude dont les prairies en pente sont plantées de palmiers à cire, une variété d’arbres qui peuvent au cours de leur 120 à 130 ans de vie atteindre des hauteurs de 60 mètres. A cire, car du fruit je pense, les Colombiens  tiraient  matière à réaliser des bougies.
C’est en arrivant à une cascade, un radier en fait, que les “Filles” ont déclaré forfait et que nous sommes revenus après un repos enchanté par le bruissement des eaux vives du Rio Quindio.
Le plafond est resté posé sur les cimes des volcans des “Los Nevados” mais le soleil était au rendez-vous pour nous au pied du massif.
La jeep de retour a été moins longue à remplir et nous étions donc devant notre truite avant que nos estomacs hurlent famine, rien de tel que la marche pour vous creuser l’appétit.
C’est surtout après que nous avons apprécié Salento, ses rues aux maisons colorées, ses boutiques, ses cafés et ses restaurants, ses baraques à souvenirs et “à manger” comme s’il n’y en avait pas assez... C’est dire que les “gros week-end” la foule doit être au comble.
Le retour fût la même chose que l’aller mais par définition dans l’autre sens... Et nous étions “chez nous” sur les coups de 16heures, à retrouver François qui avait passé une partie de la journée à étudier sur le net les temps de route pour visiter les 2 sites archéologiques du Sud de la Colombie que nous aimerions voir, très longs, et nous sommes “tombés” d’accord pour “sauter” la ville de Cali, afin de gagner une journée pour avoir plus de temps, en rejoignant directement la ville de Popayan, un cran plus bas.
Buenas noches y mañana