Jeudi 23 janvier 2014
Et nous avons passé la journée au
soleil... Dans l’hacienda Guayabal, commune du Chinchina, à quelques 25
kilomètres au Sud-Ouest de Mandizales !
La charmante propriétaire de
notre “Auberge de Jeunesse”, nous avait expliqué hier comment nous rendre par
le bus, à Chichina, une petite ville proche et riche de 80 000 hectares de
plantations de café... Et sur les coups de 9heures30, nous posions le pied dans
cette petite localité des Andes Colombiennes, après une route sautant d’une
montagne à l’autre, nous annonçant très rapidement la couleur des caféiers.
Coup de bol, une jeune femme en
attente du car pour Cali, nous entendant parler la langue de Molière et se
doutant du but que pouvaient avoir 4 français (sympathiques...si, si!) arrivant
si tôt le matin dans sa ville, nous orientât vers la Plantation où elle
travaillait comme “guide”, et d’un coup de fil à ses patrons, organisât notre
accueil... C’est’y pas bien !
Un taxi en cinq minutes nous
grimpât à la Plantation et nous fûmes reçus de la façon la plus charmante et attentive
qui soit par une jeune femme, qui s’est révélée être la fille de Dona Teresa,
la propriétaire de l’hacienda.
Nous avons bien passé 4 heures
dans cette Plantation de 750 hectares, et après une demi-heure d’attente à nous
enivrer du spectacle des flancs de montagnes plantés de caféiers, de cacaoyers
(car nos hôtes produisent aussi des fèves de cacao), d’arbres et de plantes
tropicales avec une tasse d’un des meilleurs “arabica” du Monde dans la main,
un employé nous entrainât dans la nature pendant 2 bonnes heures pour tout nous
expliquer de la culture du café, de la plantation, des plans au traitement des
grains jusqu’à la mise en sacs.
Un régal.
Un plan se met à produire au bout
de 2 ans et au bout de dix ans, trop haut pour la récolte, il est coupé pour
qu’un rejet prenne la relève. Il y a deux récoltes par an pour cueillir à la
main le fruit devenu petite “cerise” rouge , chaque récolte durant environ 3
petits mois. Alors environ 30 saisonniers sont embauchés pour prêter “main
forte” aux 50 employés permanents du Domaine.
Le jour même de la cueillette le
grain est dépulpé, ensuite il est stocké pour qu’il fermente légèrement de
sorte à ce que la substance gélatineuse et les sucres puissent-être éliminés
par lavage, il convient par la suite de débarrasser le grain de son écorce et
de sa fine pellicule et enfin intervient le séchage, soit longtemps au soleil
comme nous avons de multiple fois vu, mais ici dans un four qu’une soufflerie
d’air chaud porte à 200°.
De ces opérations “mécaniques”
ressort le petit grain vert qui sera destiné, soit au marché colombien, soit à
l’exportation lorsqu’un “Jacques Vabre” quelconque viendra soupeser les grains
et repartira, sourire sous le “sombrero” et en sautillant sur un air de flûte
indienne, avec sa cargaison de sac de café grimpée sur un pick-up !
De retour aux habitations, nous
eûmes droit à un cours magistralement donné par un des fils de Dona Teresa qui
est venu nous rejoindre par la suite, et nous étions censés avoir tout compris
de l’importance donné en Colombie en général et par la Plantation Guayabal en
particulier, au traitement qualitatif des grains, pour faire que la Colombie
avec 13% de la production mondiale soit le 2ème producteur de la planète, de
l’importance aussi de savoir torréfier et moudre correctement le café pour en
faire cette boisson suave appréciée des amateurs les plus exigeants...
Dégustation à l’appui.
Et Dona Teresa pour nous
remercier de notre visite, nous offrit une superbe coupe de glace au café sur
un lit de dés de melon et de grains de raisin, le tout coiffé d’une grosse
fraise juteuse.
Notre dû payé (un droit de visite
pas cher pour nous),et notre taxi arrivant, nous prîmes congés, il était 14heures
bien sonnés...
Une demi heure plus tard nous
étions à table (il y en a dans la troupe qui ne plaisante pas avec ça), et bus
de retour repris, puis un taxi à “fond les ballons” dans les rues en pente
vertigineuse de Mandizalès, nous étions “à la maison” à 16heures tous les 4
ravis de notre journée.
Il nous reste dans notre sommeil à
rêver de l’histoire fabuleuse d’un petit grain de café dont des moines
Ethiopiens tirent une boisson “fascinante” il y a environ 1300 ans, avant que
des plantations “en règle” soit réalisées au 14ème siècle au Yemen... Et le café
arrive en Europe au 17ème siècle de sorte, que face à son succès, les
Hollandais développent le caféier dans leurs colonies, en Asie du Sud-Ouest et notamment
au Surinam, Guyane Hollandaise, imités par les Français dans leurs Antilles et Guyane
et... Ce serait plus tard que par des liens entre des ecclésiastiques des
Antilles Françaises et leurs homologues Colombiens, que le café entre en
Colombie pour être implanté en ces terres avec le succès que l’on connaît, dû à
un climat idéal pour la plante à ce niveau des Cordillères... Pour ce dernier
point ce n’est qu’une hypothèse, la plus vraisemblable pour certains, mais qu’importe
puisque le rêve n’exige aucune validation historique surtout quand elle est
impossible à établir.
Et puis le rêve n’a pas de
limite, imaginons alors que mon délire tourne au surréalisme, pourquoi ne pas
me voir en Planteur de décaféiné !
Par contre la réalité moins rose,
est que le cours mondial du café s’est hélas écroulé ces dernières années
mettant les producteurs Colombiens dans la difficulté, parlons d’eux puisque
nous sommes ici, avec pour conséquence directe une production nationale en
nette baisse. Un plan d’urgence aurait été mis en place avec des effets
positifs depuis 2012.
Amis buveurs de thé, n’oubliez
pas le café... “L’arabica” de Colombie bien entendu.
Vendredi 24 janvier
La “zona Cafetera”, qui
représente la principale région de café de Colombie, à la forme d’un triangle
dressé sur sa pointe dont l’axe vertical va de Manizales à Arménia. L’Hacienda
Guayabal où nous avons passé une partie d’hier se situe donc dans la partie
gauche de ce triangle.
En trois heures et des poussières
de route ce matin nous avons parcouru les 110 kilomètres de virages de la “Panaméricaine”,
qui représentent précisément cet axe en question et après une halte “passagers”
à mi-chemin dans la ville de Pereira, nous sommes arrivés vers midi moins le
quart à destination, la ville d’Arménia, à la pointe Sud de notre triangle vert.
Arménia comme Arménie m’a
expliqué Anne le nez dans sa tablette... C’est à la suite du génocide de 1915
que le gouvernement de Colombie, dans geste solidaire d’humanisme, aurait
débaptisé cette ville pour lui donner l’appellation qu’elle porte depuis... La
Colombie comme d’autres Etats d’Amérique du Sud, aurait-elle accueilli des
réfugiés Arméniens ?... Ce n’est pas impossible.
Revenons à la route, en première
partie nous avons longé ces paysages dont j’ai parlé hier, montagneux aux
profondes vallées, et aux coteaux plantés de caféiers qui apparaissent de loin
comme autant de petites boules vertes posées régulièrement sur le sol,
par contre en seconde partie, la route s’est transformée en 4 voies avec terre
plein central et ce sont plutôt les vaches qui ont remplacé les arbustes à
café.
La ville de Peirera nous a paru
au passage nettement plus moderne que Manizalès, avec un centre composé de
hauts immeubles, et celle d’Arménie, importante aussi, plus plane et basse mais
beaucoup plus souriante et colorée que les deux autres. Il est vrai qu’en
descendant nous remontons en température et la tenue de la population s’est
faite plus légère malgré les presque 1500 mètres d’altitude de la ville.
A quelques “encablures” de
Pereira, nous avons vu se dessiner, noyés dans le ciel bas et sur notre gauche,
les hauts sommets du “Parque National Natural Los Nevados” composés de quelques
volcans dont les trois plus hauts (dont 2 autour de 5300 mètres), sont
couronnés de neige toute l’année pour le plus grand plaisir des randonneurs
Colombiens qui peuvent les escalader sauf quand ils donnent des signes
d’activité... Comme ce serait le cas en ce moment.
Nous n’irons pas !
Et à 15 kilomètres de l’arrivée,
c’est la petite ville de Salento, toujours à notre gauche, qui était posée au
loin sur une espèce d’alpe, et que nous irons voir demain, pour la ville dont
la visite serait du genre “incontournable” et probablement pour la vallée de
Socora qui peut être atteinte à partir de cette localité.
Il y a aussi à l’Ouest d’Arménia
“le Parque Natural del Café” mais de
lire dans nos guides que c’est une sorte de Disney Land tropical, nous frappe
de café à ne pas avoir envie d’en prendre, surtout après notre belle visite
d’hier.
Nous en ferons l’impasse aussi.
Que faire à Arménia, pas grand
chose. Après nous êtes installés dans un hôtel proche de la place Bolivar, nous
avons déjeuné dans le quartier (nous avons tous les 2 donné dans la truite, à
l’ail pour moi, la spécialité de la région), d’un taxi nous sommes allés à
l’autre bout de la ville voir le “Museo del Oro Quimbaya” aménagé dans un très
beau bâtiment de brique, dessiné par Rogelio Salmona, un Architecte Colombien
élève de Le Corbusier. A l’arrivée des Espagnols se sont les Quimbayas” qui
habitaient la région et ce musée propose peu de pièces mais quelques une très
belles, une tombe d’un Cacique aussi, reconstituée j’imagine mais autour d’une
vraie dépouille.
Quelques courses “miam-miam” en
retour dans le quartier de notre hôtel, non sans avoir été avant faire le tour
de la “Plazza Bolivar”, bondée d’un monde qui à l’image de ces villes de
Bolivie ne respire pas l’aisance. Pas visitée la “Catedral de la Inmaculada”,
sans grand intérêt extérieur, ses portes étaient fermées.
A 16heures30 nous étions les uns
et les autres dans nos grandes chambres, avec de quoi manger ce soir et demain
matin (nous saturons des petits déjeuner locaux) avec rendez-vous demain matin
à 8heures15 dans le hall.
Samedi 25 janvier 2014
Nous n’étions que 3 “d’attaque”
ce matin, François fiévreux voulait garder la chambre, donc c’est en “trio” que
nous avons vécu une bien belle journée, conforme à nos souhaits.
Le petit bus blanc qui fait la
navette, nous a pris à deux coins de rues et 30 minutes plus tard il nous
déposait sur la grande place de Salento, au Nord-Est d’Arménia.
Anecdote rigolote
, Au moment où
nous sommes arrivés au bon coin de rue pour prendre le minibus de Salento, nous
y avons trouvé un autre bus affichant une destination différente. Pour
vérification, Danielle, qui fait mieux que de baragouiner l’Espagnol, demande
au chauffeur par la porte ouverte si l’endroit est le bon pour notre bus
également.
Sans perdre une minute, notre
chauffeur sort son portable, passe un coup de fil et nous demande de monter...
Pour nous déposer 200 mètres plus loin au “cul” de la navette qui venait de
passer, afin que nous montions dedans. Voici pour résumer la gentillesse des
Colombiens, telle que nous pouvons l’apprécier depuis Leticia !
Inévitablement, comme sur toutes
les routes que nous avons jusque là empruntées, le voyage s’est fait sous
l’œil armé des militaires, égrenés le long des parcours et qui avec un grand
sourire vous font signe du pouce levé que la sécurité est assurée.
Que personne ne prenne peur pour
nos peaux, elles sont bien bronzées et nous voyageons l’esprit serein.
Salento pour les Colombiens c’est
en matière de tourisme, Locronan pour les Bretons, Riquewihr pour les Alsaciens
ou Vallauris pour les Côte-Azuréens... Toutes proportions gardées car les
populations ne sont pas les mêmes, le poids du tourisme “étranger” non plus, et
non plus sur la qualité de l’architecture car à regarder en détail, derrière le
ravalement coloré des façades, un bâtiment sur trois serait en France déclaré
en état de péril... Mais Salento, fondée seulement en 1842, a le charme “fou” d’une
petit village authentique d’altitude (env. 1900 mètres), à faire venir le week-end
des promeneurs de partout, de Medellin, de Cali et même de Bogota comme en
témoignaient les plaques des automobiles que nous avons vu arriver en
mi-journée, alors que nous nous installions autour d’une table d’une des
nombreuses baraques de restauration, qui nous mijotait une truite du Rio Quindio
qui passe dans la vallée au pied de la cité.
L’autre intérêt de la ballade à
Salento est de prendre une des jeeps en stationnement dans le méli-mélo de la
place, sous le regard indifférent du Liberator, seul moyen pour rejoindre à 30
minutes de petite route le hameau de Cocora (2800 mètres env.), départ des randonnées
dans la vallée éponyme. Nous avons bien mis trois quarts d’heure à attendre
qu’une bagnole est son compte de passagers pour partir, et nous nous sommes
retrouvés dans un univers, d’alpages comme on dirait chez nous, puis nous avons
pris la caillasse pour nous enfoncer dans cette vallée étroite couleur émeraude
dont les prairies en pente sont plantées de palmiers à cire, une variété d’arbres
qui peuvent au cours de leur 120 à 130 ans de vie atteindre des hauteurs de 60
mètres. A cire, car du fruit je pense, les Colombiens tiraient
matière à réaliser des bougies.
C’est en arrivant à une cascade,
un radier en fait, que les “Filles” ont déclaré forfait et que nous sommes
revenus après un repos enchanté par le bruissement des eaux vives du Rio Quindio.
Le plafond est resté posé sur les
cimes des volcans des “Los Nevados” mais le soleil était au rendez-vous pour
nous au pied du massif.
La jeep de retour a été moins
longue à remplir et nous étions donc devant notre truite avant que nos estomacs
hurlent famine, rien de tel que la marche pour vous creuser l’appétit.
C’est surtout après que nous
avons apprécié Salento, ses rues aux maisons colorées, ses boutiques, ses cafés
et ses restaurants, ses baraques à souvenirs et “à manger” comme s’il n’y en avait
pas assez... C’est dire que les “gros week-end” la foule doit être au comble.
Le retour fût la même chose que
l’aller mais par définition dans l’autre sens... Et nous étions “chez nous” sur
les coups de 16heures, à retrouver François qui avait passé une partie de la
journée à étudier sur le net les temps de route pour visiter les 2 sites archéologiques
du Sud de la Colombie que nous aimerions voir, très longs, et nous sommes
“tombés” d’accord pour “sauter” la ville de Cali, afin de gagner une journée pour
avoir plus de temps, en rejoignant directement la ville de Popayan, un cran
plus bas.
Buenas noches y mañana