Trans-Amazonie

Trans-Amazonie

jeudi 16 janvier 2014

BOGOTA


Mardi 14 janvier 2014
Fondée en 1538, Santa Fé de Bogota, puisque c’est son véritable nom, est peuplée de 8 millions d’habitants. La ville est organisée en 20 districts divisés en 1200 quartiers, composés d’avenues et de rues disposées en damier, et portant toutes un numéro... Comme à New-York.
L’architecture est “composite” :  gothique espagnole, art déco et modernisme incluant le meilleur et le moins bon.
De grandes lignes de bus, le “milénio” traverse la ville en différents axes, et de nombreux petits bus style “collectivo” zèbrent les quartiers.
Les axes sont propres mais les trottoirs suivant les quartiers ne sont pas toujours en bon état. Beaucoup de monde dans les rues avec une pauvreté évidente qui se livre aux petits boulots dans le meilleur des cas. Par équipe de 3 ou de 4, la police quadrille la ville surtout le soir tombé.
Les Indiens “Muisca” occupaient l’espace avant l’arrivée des Espagnols, agriculteurs dans l’âme ils étaient aussi habiles dans l’artisanat et le commerce, et travaillaient l’or et l’émeraude, qu’ils utilisaient comme monnaie d’échange.
Ils intronisaient leur chef en le couvrant de poussière d’or suivant un rituel qui se passait sur la rive du lac Guatavita, au nord de Bogota, et offraient bijoux et émeraudes aux esprits en les confiant aux eaux d’un petit lac, ayant une forme de petit cratère, situé sur les hauteurs de l’endroit.
C’est de là qu’est né le mythe de “l’El Dorado” qui a enfiévré les esprits des Conquistadors... Et le nôtre peut-être parce que la “Lagune de Guatavita” était l’une des deux destinations du jour, avec la visite de “la cathédrale de sel” de la ville de Zipaquira, suivant une boucle de 100 kilomètres environ, au nord de Bogota.
Après une heure et demie de route rapide mais encombrée pour sortir de Bogota, et de routes secondaires en moins bon état, nous arrivions à Zipaquira, jolie petite ville coloniale fondée en 1600, où se trouvait d’importantes mines de sel à proximité de la cité. De cette mine restent les galeries aujourd’hui “reconverties” en “Catedral de Sal” façonnée dans les dépôts de halite datant de 250 millions d’années.
Cette cathédrale souterraine à l’ambiance surréaliste couvre 10 hectares de galeries et de salles, dont une représentant une nef démesurée de 120 mètres de long et 22 de haut. Chaque galerie pour y parvenir marque les 14 stations du chemin de croix, que nous avons parcourues dans une ambiance bleutée, verte ou rouge, l’Ave Maria en fond sonore.
Un train touristique nous attendait pour faire un tour en ville dont le centre historique donnerait presque l’impression que les Conquistadors sont partis de la veille, au centre une superbe place avec une église massive faite pour l’éternité.
Nous avions un chauffeur sympathique mais pas très dégourdi et nous avons tournoyé de façon inexplicable pour trouver une table pour le déjeuner, ce n’est donc que vers 15 heures que nous avons pris la route pour la lagune de Guatavita, le fameux petit lac circulaire à près de 3000 mètres d’altitude, situé en aplomb donc du grand lac éponyme.
A 16heures et une minute nous y étions juste à temps pour voir la barrière du petit parc se fermer sous notre nez !
Notre chauffeur a eu beau parlementer, c’est les oreilles rabattues et la queue basse qu’il est remonté dans sa voiture... Et nous, remontés comme des coucous suisses.
Bon, reconnaissons tout de même que nous avions fait une route superbe (et superbement défoncée parfois) pour y parvenir, d’autant qu’elle dominait sur une grande partie le grand lac qui méritait au même titre que la lagune d’être vu. Nous nous serions crus dans un décor savoyard, cette Colombie continue à nous surprendre.
De retour sur Bogota “v’la t’y pas” que nous nous faisons arrêter par un contrôle policier. Résultat voiture immobilisée, et nous comme des C... à ne rien comprendre.
Nous avions cru repartir mais c’était pour passer une seconde demi-heure plus loin... Et notre “Saint dégourdi” de surveiller sur son gps si le barrage annoncé plus loin se dégageait ou pas. Au final, nous sommes repartis à vive allure, la nuit maintenant tombée et nos seconds “poulagas”, le regard tourné ailleurs n’ont pas eu le temps de réagir... Et nous toujours remontés comme les même coucous suisses.
Un panneau lumineux a fini par nous donner la bonne explication, notre “Lascar” avait une plaque en numéro pair et nous étions pile dans le jour de sa restriction de circulation. Au regard des autres voitures, nous n’étions pas les seuls !
Toujours le gps à portée de vue pour éviter de se faire à nouveau arrêter, nous avons traversé de beaux quartiers bien propres, autre témoignage de la bien portance d’une importante classe moyenne.
Notre Garçon, une fois arrivé n’était pas très heureux de se voir renégocier son tarif, il s’est battu comme un beau diable mais nous aussi... La leçon méritait son prix pour faire de l’effet, impensable de louer ses services sans connaître les heures d’ouverture des sites à faire visiter... Merde alors !
Pas disposés à faire une longue trotte pour nous sustenter, nous sommes allés manger des nuggets à un Mac-Do tout à côté... Et direct notre bel hôtel.


















Mercredi 15 janvier 2014
Rendez-vous à 9 heures dans le hall pour prendre la route du mont Cerro autrement dit Montserrat, sur les hauteurs à 3150 mètres. En dehors de la demi-heure à grimper les rues et à grimper encore, il nous a fallu prendre le funiculaire.
En montant, la vue est superbe sur la ville, surtout par le beau temps de ce matin, et le panorama à 180° encore plus beau quand arrivés à la gare supérieure, on redouble d’effort pour rejoindre l’église et la terrasse.
Plus haut et plus loin sur un escarpement boisé, Notre Dame de la Guadeloupe qui les bras tendus mais pendants, essaie de faire la nique au Corcovado !
Un bon café colombien nous a redonné le jus mais de retour en bas, c’est un petit taxi jaune qui nous a conduits à la Fondation Botero, en centre ville.
Botero est né à Medellin mais son Musée est à Bogota, et il est tout simplement superbe.
D’abord, il y a les bâtiments dont la partie qui abrite la collection n’est autre qu’une grande maison coloniale sur deux niveaux avec un patio central de toute beauté. Partageant une cour arrière, une vaste construction moderne propose les services du musée, brasserie comprise, ainsi que des expositions temporaires.
Enormément d’œuvres de l’artiste, peintes à l’huile, mais aussi des œuvres aquarellées et dessinées que nous ne connaissions pas. Bien entendu de forts belles sculptures que j’ai surtout apprécié car Botero n’est pas ma tasse de thé au contraire de Anne et de nos amis, offusqués quand je leur dis que les peintures de Botero sont pour moi plus proches de la déco que de l’Art !
J’en connais aussi du côté de Seillans qui vont faire des bonds !
La marche ça creuse et nous avons sur le chemin qui nous menait à la place Simon Bolivar, trouvé un fort sympathique petit restaurant, mais les uns et les autres nous nous sommes résolus à prendre un plat pour deux. Ici ils mangent comme quatre, c’est dire à deux on a encore du mal à finir.
Aujourd’hui encore cette magnifique place était encore très habitée, des mouvements pacifistes avec banderoles et tentes partout, de la musique à rendre complètement sourd les pauvres malentendants.
Restait tout de même à admirer les beaux bâtiments de ses quatre côtés, le palais de justice, le Capitole national, divers palais abritant des services ministériels, et surtout l’imposante Cathédrale de l’Immaculée Conception, juchée en haut de ses marches, à vous faire plonger 400 ans en arrière d’un seul coup.
De la police partout, des militaires en armes, même un engin résultant du croisement entre un poids lourds et un char d’assaut, la Colombie se donne amplement les moyens de sa sécurité... Un petit monde “mixte” presque sympathique et dont la moyenne d’âge apparaît être de l’ordre de 25 ans.
La Casa del Marquès de San Jorge, juste à proximité, abrite le Musée d’Archéologie, une belle maison historique pour une belle collection de pièces précolombiennes qui nous a rappelé, pour Anne et moi, les fantastiques collections des Musées Péruviens, des poteries zoomorphiques et anthropomorphiques.
Euréka... Pour celles et ceux qui se demandent où Botero a bien pu chercher son inspiration, je peux maintenant répondre, tout simplement dans les poteries précolombiennes, et sauf respect envers les braves gens (surtout dames), également dans les “gros culs” qui se baladent à Bogota. J’imagine qu’à Medellin c’est la même chose et le popotin version pastèque a dû traumatiser le garçonnet !
Le Palais présidentiel est juste en arrière du Capitole et nous avions prévu d’assister à 16heures à la relève de la garde, mais avant d’apprendre qu’elle était supprimée pour raison d’occupation de la place Bolivar, nous avons eu le temps de voir l’église Saint Augustin au décor renaissance espagnole et à proximité le cloître du même Saint, très beau aussi.
Si nous n’avons pu voir la relève de la garde, au moins nous avons remarqué que ceux qui étaient en faction portaient le casque à pointe. Depuis la guerre de 14, nous n’en n’avions pas croisés !
Nous avons tant déambulé dans cette autre partie de “la Candelaria”, ce vieux quartier historique aux maisons colorées, que nous en avions “plein les bottes”, aussi via un supermarché où nous avons fait quelques courses pour nous faire un dîner léger, nous avons pris la route de l’hôtel... Rejoint après une séance de coiffeur pour moi, Anne en avait repéré un presqu’en face.
C’est fou ce que j’ai pu me faire de cheveux sous la chaleur humide d’Amazonie! 
Pour le programme de demain... Toujours des Musées ! 





























Jeudi 16 janvier 2014
Qui ne nous a pas parlé de Colombie sans nous recommander chaleureusement de visiter le Musée de l’Or de Bogota. Nous nous souvenons de celui de Lima et nous n’aurions pas loupé ce rendez-vous, intérêt hautement partagé par nos bons amis.
Départ 9heures et retour 16heures30, pile poil avant une grosse averse des familles (colombiennes)... Le déluge !
3 Musées au programme donc, visites entrecoupées de sauts en taxi jaune et de belles ballades à pied. “Museo de oro” en entrée, parillia à deux à midi (extra le boudin fourré au maïs), Museo National pour continuer et le “Museo de Arte Moderno” pour nous achever !
- Le “Museo de Oro” mérite amplement sa réputation d’un des plus beaux musées au monde dans le genre, avec celui de Lima, ne faisons pas de jaloux. 
Les peuples Amérindiens travaillent l’or depuis 4000 ans et ont réalisé les plus beaux objets d’orfèvrerie de tous les temps, toujours emprunts de symbolisme. L’or est tout simplement vu comme étant les larmes du Soleil, l’astre des astres au centre de toute la cosmologie et la spiritualité andines.
1000 ans avant JC, les “Chavin” du Nord Pérou régnaient déjà sur la fonte du métal précieux, ils excellaient à la technique du martelage et quelques centaines d’années moins tard, ils découvraient la maîtrise des alliages, avec l’argent et avec le cuivre, non pas pour des raisons de moindre coût, notion hors de propos, mais pour donner à l’or des nuances lumineuses grisées et rosées.
Au début de notre ère, les peuples de Colombie possédaient à leur tour l’ensemble de ces techniques, et des milliers de pièces toutes plus surprenantes, plus belles les unes que les autres, font la richesse de ce Musée : bijoux, parures cérémonielles, figurines zoomorphiques ou anthropomorphiques destinées aux cultes et aux offrandes, masques mortuaires vouant le culte aux jaguars pour leur force et aux chauve-souris qui règnent sur le monde humide, celui de la nuit... La liste est longue.
La cupidité et la crétinerie des Conquistadors mirent un terme à ce travail d’orfèvre, aussi sacré que digne d’une démarche artistique remarquable, en raflant tout ce qu’ils trouvaient pour le fondre avant d’expédier leur butin en Espagne.
- Le Musée National est éclectique et offre au regard en saupoudrant tout ce qui relève de l’histoire de la Colombie, des traces des Amérindiens aux hommes politiques qui ont mené l’indépendance. Quelques œuvres d’art en rapport avec cette dernière partie jusqu’à l’incontournable Botero !
L’intérêt presque premier de ce musée est qu’il est installé dans un ancien pénitencier, une vraie bastille dans laquelle on entrait souvent debout pour en ressortir allongé... La beauté (si l’on puit dire) après l’horreur. Réussi, le “mariage” est surprenant.
- Sur le chemin de retour “à la maison” nous nous sommes arrêtés au Musée d’Art Moderne, une belle construction d’Architecte pour une offre plutôt pauvre en dehors de quelques œuvres qui se comptent sur les doigts d’une main, et d’une belle exposition de photographies de l’artiste Luis Brito.
La Bibliothèque Nationale tout à côté est un bâtiment art-déco tout a fait superbe, et nombre d’immeubles de ce quartier sont intéressants pour qui se passionne d’Architecture, et comme les jours précédents, les trottoirs, côté commerces et côté chalands, sont très animés... Cette “mayonnaise urbaine” donnant à Bogota des petits airs de Buenos-Aires à certains moments.
Anne rajoute, j’habiterais bien à Buenos Aires mais pas à Bogota !
Reste que nous sommes sous le charme de la gentillesse des gens d’ici... Que dire de celle du personnel de l’hôtel Amber : une équipe de jeunes femmes que l’on va avoir envie d’embrasser en partant demain.
Car demain, nous prenons la route pour Tunja, plus au Nord sur la Cordillère Orientale, à 3heures de bus.
Buenas noches y mañana
































                 SPECIAL BOTERO... 



... Un petit échantillon d’œuvres pas toujours connues sous nos latitudes, pour faire un petit “coucou” aux amis amateurs... qui reconnaîtront Cézanne au passage.


















1 commentaire:

  1. Franchement, Christian, il n'y a que toi pour apprécier autant tes éructations; vraiment, tu les trouves beaux tes rots ?
    Demain tu vas nous parler des pets de Damoclès ...
    Amis de la poésie, bonsoir.
    P

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