Trans-Amazonie

Trans-Amazonie

mercredi 1 janvier 2014

BELEM


Lundi 30 décembre
10 heures de sommeil, même entrecoupés de petits réveils, ça repose et nous nous sommes levés à 7heures du mat, du “bon pied”... Et de l’autre, c’est mieux comme ça quand juste après le rendez-vous tartine, une journée de marche se profile devant vous. Le Marseillais fait les choses bien, rien à dire, nous recommandons.
En réalité, ce ne sont pas les eaux de l’amazone qui bordent directement Bélem,  mais celles d’un vaste bras qui découlent principalement du fleuve Para qui néanmoins se mêlent au précédent un peu plus en amont. Qu’importe, conformément à sa vision aérienne la ville est posée sur un cap d’une belle rondeur au milieu d’une immensité limoneuse, sur une sorte de “banquette” plate qui plût aux Portugais dès le début de XVIIème siècle au point de s’y établir et très rapidement de s’y métisser avec les belles Amérindiennes des alentours.
L’apport Africain est venu épicer cette belle combinaison, la géographie, le climat et la nourriture ont fait le reste pour aboutir à cette alchimie qui a engendré ce Brésil au peuple et à la culture si différente de ce que l’Amérique du Sud offre par ailleurs.
Bélem, au charme d’une ville jadis riche mais aujourd’hui “ruinée”, connût sa splendeur au début du XXème, au temps où les Cahoutchoutiers descendaient y commercer leur latex exploité plus en amont des fleuves, jusqu’à Manaus et au-delà. Cette histoire est toujours incrite dans les murs souvent rongés par l’humidité ambiante, néanmoins combattue par les vives couleurs qui aiguaient les petites façades 1900. Mais Bélem s’est réveillée au début du XXIème siècle à l’image de ses vieux docs qui ont repris du service à travers une version cuturelle et festive, à l’image de tout le Brésil qui s’est bien décidé à tourner la page du sous développement.
Après notre rendez-vous avec Yani pour récupérer nos billets de bateau (Yani est la “patronne” d’une agence de voyage franco-brésilienne que nous avions contactée sur le conseil de notre hôtelier), c’est  ce Bélem entre passé colonial et modernité naissante vers lequel nous sommes partis d’un bon pas à la découverte. Et nous avons passé la grande partie de la journée à arpenter les rues et le reste, pas les musées car ils sont tous fermés pour 5 jours.
Reste le principal, la vie comme en semaine, grouillante et colorée.
Les belles places, bordées de manguiers impressionnants, qui ponctuent un urbanisme en damier; quelques belles bâtisses historiques; la ligne des docs restaurés, l’exceptionnel marché qui s’étant sur un bon 200 mètres le long de la rivière jusqu’à rejoindre le port traditionnel et le premier fort des Portugais encore décoré de ses vieux canons. La Cathédrale et quelques belles églises respirant le baroque portugais du temps de la conquête et puis  la vieille ville dont les trottoirs plus ou moins défoncés sont autant d’étals de petits commerces de toutes choses devant des magasins gorgés de marchandises. Comme en Asie, la population se restaure aussi dans la rue mais les Filles nous ont fait bouder les stands du marché comme ceux des trottoirs et c’est sous les ventilos que nous avons trouvé refuge avec une platrée de riz, de haricots et de viande diverse pas toujours identifiable à nos yeux d’Européens, à l’abri de la chaleur mais surtout du vacarme de la rue, le silence n’est pas brésilien.
Ce soir, ce sera dîner à l’hôtel devant la collection de vieilles et récentes photos de la cité phocéenne. Hôtel dont nous avons retrouvé la porte vers 16heures après quelques “zigs et zags” hésitants, bien fatigués (avec de belles ampoules à mes papattes), au bout de 6 heures de lutte dans la chaleur de plomb.


Boa noite e amanhã














Mardi 31 décembre
Dernier jour de l’année avec au programme un grand feu d’artifice sur le fleuve, entre 23heures et minuit pour clore l’année et commencer 2014, mais avant....
En remontant la côte fluviale de 25 kilomètres, plus en amont donc, se trouve une petite bourgade portuaire, Icoaraci, qu’hier nous avons appris pouvoir être rejointe facilement en bus et c’est précisément ce que nous avons fait ce matin en une petite heure.
Saint Christophe priez pour nous !
Je pense que le chauffeur probablement habité de l’esprit de Senna, au milieu de sa collection de petits pompons, de volettes et rideaux roses, a voulu nous épater et dès que la circulation le lui permettait, s’est mis à lancer à “donf” son vieux bus en le poussant dans les virages à la limite du dérapage, jusqu’à ce qu’Anne, convaincue que nos aventures ne pouvaient pas bêtement s’arrêter là, fasse un signe désespéré à son poinçonneur, d’une de ses deux mains disponible, pour obtenir une conduite plus conforme à nos sensibilités routières.
C’est avec une grande complicité que nous nous sommes quittés, à grands coups de moulinets de la main.
En avant première de ce qui nous attend, nous avons vécu “la berge”. Des embarcations, souvent de bois, amarrées dans un désordre apparant autour d’un long warf planté dans l’eau ocre, un ballet improvisé de gens qui montent ou qui descendent, des enfants au cou ou à leur côtés, dès qu’un enfant marche c’est un “petit d’ homme” autonome. Des passagers presque toujours chargés de valises, de sacs ou de cartons, ils arrivent de quelques villages perdus dans les îles d’en face, ou plus en amont, ou plus en aval. Belem avec son bon million et demi d’habitants est le poumon économique du Para, nom éponyme de la région... Bref tout un avant goût de la vie du fleuve que nous découvrirons dès demain soir.
A côté, une promenade ombragée avec des petits stands proposant la production artisanale de la région, de belles poteries décorées de signes amérindiens, plus loin la berge tourne pour un autre bras de rivière et la promenade débouche sur une plage, une vrai plage de sable plutôt blanc, plutôt fin, avec des buvettes où l’on y trouve à boire toujours et à manger pour certaines et c’est là que nous avons déjeuné d’un gros poisson de rivière chacun, avec une sorte de rougail, du riz et des haricots.
Je sens que la cure de fayots ne fait que commencer... Les femmes ici ont le ventre bien rond, ça démarre d’en dessous les seins et ça rejoint le très bombé creux des cuisses, là ou les Brésiliens font encore trop d’enfants. Les hommes sont peut être moins soucieux de la couche d’ozone... Le Brésilien aime la musique !
C’est d’ailleurs en musique qu’un bus interpellé au loin de la main pour qu’il nous attende, nous a ramenés à Belem après avoir vérifié avant de monter qu’il partait pour la bonne destination.
La chance nous avait mis sur une autre ligne pour un chemin différent, surtout avec une conduite plus conforme à nos habitudes.
Un peu avant 16heures, au son des premiers pétards, nous étions à l’hôtel, le quart d’heure suivant sous la douche, et pour nous deux, l’autre d’après dans la piscine.
Les pétards se sont intensifiés au moment où nous nous mettions à table dans l’une de nos chambres, sur deux bancs récupérés dans l’hôtel et recouvert d’un paréo, les filles sur le bord du lit et nous les garçons sur un troisième banc. An menu “foie gras” arrosé d’un bordeaux liquoreux ramenés par nos amis et saucisson sec d’auvergne par nous. Rassasiés, nous avons décidé d’ouvrir le champagne demain sur le bateau. Anne a du ré-emmailloter sa bouteille et la remettre dans son sac.
22heures le taxi était là, direction les quais.
La fièvre de la Saint Sylvestre a enflammé la population au point d’avoir l’impression qu’il ne manque personne, les docs sont baignés de lumières et de musique, des orchestres propagent leurs rythmes endiablés par des baffles surpuissants, le foule déhambule à tout-touche.
La série des restaurants se la joue “réveillon” avec réservation, nappe de tissu blanc et belle vaisselle, garçons habillés comme des pingouins, à quelques mètres au-delà de barrières de fortune. Les gens plus modestes ont apporté leurs pliants et regroupés par famille et amis, se le jouent façon “pic-nic”.
La police en gilet pare-balles, flingo à l’épaule et pétard à la ceinture, veille à ce que des excès de fraternité ne bouscule pas trop les codes qui permettent à bonne société de fonctionner.
Difficile de résister à la samba sans se laisser prendre et chaque orchestre a son parterre “dansant”. Belle collection de shorts blancs gonflés de fessiers affriolants, si les mecs savent rester sobres dans leur tenue, les filles rivalisent de provocations vestimentaires, elles sont belles comme des Brésiliennes même les môches et comme c’est la grande nuit tout le monde est à la fête et c’est très bien.
Si les “drag-queens” ont leur vedette de la chanson, elle est à Belem et nous étions tous “scotchés” devant ses prouesses vocales, percussions et cuivres pour un syncrétisme musical entre jazz et classiques brésiliens.
A minuit, la première fusée est montée au ciel pour éclater juste au moment où une pluie de paillettes d’alu l’a envahie. Et pendant un bon quart d’heure, de l’eau, est monté aux nues ce qui nous a semblé être l’un des plus beaux feux d’artifices qu’il nous a été donnés de vivre.
Alors que la joie continuait de faire vibrer les tables des terrasses, “le peuple”, le pliant sous le bras, dans sa grande sagesse prit la direction de la maison et les rues furent prises d’assaut entre ballet de bus de de taxi... Le nôtre nous a oubliés et le coeur en fête nous sommes rentrés à pieds.
A 1heure30 nous éteignons la lumière.   
Boa noite e amanhã



















Mercredi 1er janvier 2014
Toute la journée est consacrée à notre embarquement, “L’AmazonStar” appareille à 19heures et nous devons nous présenter au port deux heures avant. Notre cabine est réservée, pas d’inquiétude pour nous, mais sur les 850 passagers embarqués la grande majorité dormira dans les salles à hamacs, et chacun avec le sien dans son sac, aura à se ruer pour ne pas avoir la plus mauvaise place... La course des spermatozoïdes !
Nous avons passé la matinée à préparer nos affaires, à partir acheter une bombonne de 5 litres d’eau par personne et un pack de canettes de bière locale par couple...Nous voilà parés, au moins en partie.
Belem ville morte un 1er janvier, pas un resto d’ouvert, même les docks sont bouclés et de retour à l’hôtel, c’est Elysabeth (la fille du Boss) qui nous a conseillés la “cantine” du Hilton tout proche.
Nous en revenons et restons au Massilia dans l’attente du taxi commandé pour rejoindre le port.


Avis à tous: Il est fort peu probable que nous ayons accès à “internet” avant Manaus dont l’arrivée est prévue pour le lundi 6 au matin.
Dans la mesure où le temps aux escales le permettra, nous enverrons quelques petits messages laconiques avant de vous “déverser” en arrivant les pages complètes de la navigation avec les photos.
Boa noite e amanhã

3 commentaires:

  1. Je suis content que vous avez pu vous ravitailler avant votre départ !
    Comme d'hab je me tiens prêt sur skype :)

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  2. Déçu, déçu,déçu ! Je m'attendais à voir une photo de Christian en drag-queen ou déguisé en spermatozoïde pour séduire Anne dans son hamac. J'espère que vous ferez mieux dans la prochaine série, sinon je me désabonne. Allez, je vous embrasse quand même. Pascal.

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  3. Super de passer le Nouvel An avec vous sur le Blog. Mes meilleurs voeux pour 2014. Je vous embrasse et pense bien a vous. Le recit du nouvel an est super .....

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