Trans-Amazonie

Trans-Amazonie

mardi 7 janvier 2014

SANTAREM – ALTER DO CHAO


Samedi 4 janvier 2014
Nous saturons un peu du plat unique proposé chaque soir, dans une assiette jetable en alu, du boeuf bouilli avec spaghettis, riz et haricots rouges, des fois un “bout” de patate ou de betterave rouge. Sur proposition des filles, nous nous sommes faits faire des croque-monsieurs au  bar avant de descendre dans ce qui s’appelle la salle à manger. Nous vivons en permanence au rythme des vibrations et du bruit cadencé des moteurs, une habitude, mais nous prenons nos repas dans le vacarme et des vibrations telles de tôle, que nous avons l’impression d’être dans un vieux “tube” citroën roulant “à fond la caisse”sur de la latérite, directement sur les gentes.
Il y a du monde partout, le pont aux hamacs s’est encore densifié au point que tout l’espace du bar à notre niveau est lui aussi saturé de hamacs. Total toute déambulation sur le bateau ne peut se faire qu’en jouant des coudes... L’AmazonStar est plus bondé que ne l’était l’Exodus en son temps.
La différence est que nous n’errons point et que nous navigons dans la joie. Nous, nous connaissons notre destination : Manaus.
Nous sommes arrivés vers 23heures30 hier au soir à Santarem, port important à peu près à mi-chemin de notre navigation. Nous avons longuement suivi par babord les lumières de la ville avant de venir nous ranger sur le flanc tribord d’un bateau dejà à quai. Lorsque nous avons mis le nez dehors, à 6heures30 ce matin, le bateau était parti vers sa destination et nous étions directement à quai.
Nous avons pris le premier taxi en attente à la sortie du port pour faire les deux à trois kilomètres pour rejoindre une tirette du centre ville. Soulagés, nous sommes ressortis assez riches en réals pour envisager une suite intéressante jusqu’à Manaus, nous en étions à faire nos fonds de poches, c’est donc avec le sourire que nous avons négocié avec notre chauffeur l’escapade à Alter do chào désormais possible. A 7heures nous prenions la route vers ce lieu que tous les internautes qualifient d’incontournable sur les forums de voyages.
Alors que Santarem est à l’embouchure du Rio Tapajos (seulement 2280kms) peu avant sa confluence avec l’Amazone, Alter do Chao est plus en amont de 30kilomètres, blotti au creux d’une anse formant lagune avec un banc de sable blanc qui lui fait face. Selon l’heure du jour l’eau claire en cet endroit prend une teinte émeraude, ce que nous n’avons pas vraiment constaté si tôt le matin.
Si le centre ville de Santarém était encore dans l’endormissement d’un samedi matin, Alter do Chào se réveillait à notre arrivée, les échoppes s’ouvraient, et nous avons commencé à nous installer devant un grand café et gateaux pour petit-déjeuner, avant de faire le tour des lieux. Assurément l’endroit fait “tâche” , dans le bon sens, avec l’âpreté des villes et villages égrennés tout au long du fleuve, jusqu’à avoir des petits airs de station balnéaire (d’où son surnom de “Caraïbe” de l’Amazone) avec tout ce qui s’en suit, comme ces “plagistes” surpris en pleine installation des tables, chaises et parasols avant que ne déferle la foule du week-end.
Le petit village est sympathique avec sa grande place et son église colorée, sa promenade au long du fleuve tout autant, la forêt environnante “protégée” est intacte malgré sa proximité avec un milieu urbain, bref à 9heures20 lorsque nous avons repris notre taxi, nous étions ravis de notre découverte.
Et à 10heures à peine passées nous étions de retour à bord, pour la limite fixée à 10heures30, le Commandant nous ayant dit la veille partir à 11heures... Et nous sommes partis à 13heures bon poids !
Fallait bien tout ce temps pour grimper les nouveaux passagers jusqu’à en faire “déborder” notre bateau, décharger et charger de la cargaison, tomates encore vertes, melons d’eau etc...
Aussi quatre motos qui ont bien pris une demi-heure de temps pour passer du quai à l’avant du bateau sur une planche de 50 centimètres de large et sur une longueur de bien 2mètres50 au dessus de l’eau... Un vrai travail de “bras cassés” qui ne doit qu’au Seigneur que personne ni aucun engin ne finisse à la baille.
Faut dire que dans l’équipe, l’un des protagonistes a eu subitement un coup de génie, il a rajouté une autre planche !
Pour une fois, j’ai fait la sieste comme nos amis qui dorment comme des marmottes dès qu’ils ont cinq minutes, et j’ai bien dormi 2heures pendant que Anne sur sa couchette était rivée sur son écran de tablette avec ses séries, bien au frais de la clim.
La foule nous attendait à la sortie, même pas la place de rabattre notre porte sans déranger quelqu’un, et nous avons eu bien du mal à poser nos deux sièges au bastingage sur lequels pourtant nous avons passé le reste de l’après-midi dans notre bouquin, et au spectacle de l’Amazone et de ses eaux ocres que nous avions retrouvées au sortir de Santarem.
A la forêt les pieds dans l’eau, succèdent de plates berges herbeuses qui sont parfois  habitées de maisons, de bois sur pilotis quelquefois très hauts, isolées ou regroupées en hameaux avec l’église classique, de bois souvent aussi, en leur centre. Toujours quelques pirogues et petits bateaux “traversiers” ou de commerce.
La plupart de ses îles doivent être submergées lorsque les eaux sont hautes. A l’endroit approximatif où nous sommes, le débit mensuel de l’Amazone est de près de 115000 mètres3 en novembre. En mai-juin il atteind presque 245000 m3, c’est dire l’amplitude. En janvier, tel que nous “vivons” le fleuve, le débit du mois est de 140000m3 seulement.
Il y a peu de “grand paysage” sur terre, l’Amazonie avec l’Amazone et son réseau d’affluents et de rivières est un des plus importants. A côté, notre beau pays n’est qu’une mosaïque de jardinets.
Ces mesures ont été relevées à Obidos, petit port que nous avons touché vers 20heures30, nous n’y sommes pas restés 30minutes mais les Filles étaient épouvantées, peu de personnes à la descente mais bien un cent supplémentaire pour lester un peu plus, et avec des bagages et des paquets pleins les mains.
Je vous l’ai dit, c’est pire que l’Exodus, du monde partout, même par terre, et les mômes en plus... Il est vrai qu’ici se sont les grandes vacances scolaires.
 Boa noite e amanhã



















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