Lundi 30
décembre
10 heures de
sommeil, même entrecoupés de petits réveils, ça repose et nous nous sommes levés
à 7heures du mat, du “bon pied”... Et de l’autre, c’est mieux comme ça quand juste
après le rendez-vous tartine, une journée de marche se profile devant vous. Le
Marseillais fait les choses bien, rien à dire, nous recommandons.
En réalité, ce
ne sont pas les eaux de l’amazone qui bordent directement Bélem, mais celles d’un vaste bras qui découlent principalement
du fleuve Para qui néanmoins se mêlent au précédent un peu plus en amont.
Qu’importe, conformément à sa vision aérienne la ville est posée sur un cap d’une
belle rondeur au milieu d’une immensité limoneuse, sur une sorte de “banquette”
plate qui plût aux Portugais dès le début de XVIIème siècle au point de s’y
établir et très rapidement de s’y métisser avec les belles Amérindiennes des
alentours.
L’apport
Africain est venu épicer cette belle combinaison, la géographie, le climat et
la nourriture ont fait le reste pour aboutir à cette alchimie qui a engendré ce
Brésil au peuple et à la culture si différente de ce que l’Amérique du Sud
offre par ailleurs.
Bélem, au
charme d’une ville jadis riche mais aujourd’hui “ruinée”, connût sa splendeur
au début du XXème, au temps où les Cahoutchoutiers descendaient y commercer
leur latex exploité plus en amont des fleuves, jusqu’à Manaus et au-delà. Cette
histoire est toujours incrite dans les murs souvent rongés par l’humidité
ambiante, néanmoins combattue par les vives couleurs qui aiguaient les petites
façades 1900. Mais Bélem s’est réveillée au début du XXIème siècle à l’image de
ses vieux docs qui ont repris du service à travers une version cuturelle et
festive, à l’image de tout le Brésil qui s’est bien décidé à tourner la page du
sous développement.
Après notre
rendez-vous avec Yani pour récupérer nos billets de bateau (Yani est la
“patronne” d’une agence de voyage franco-brésilienne que nous avions contactée
sur le conseil de notre hôtelier), c’est
ce Bélem entre passé colonial et modernité naissante vers lequel nous
sommes partis d’un bon pas à la découverte. Et nous avons passé la grande
partie de la journée à arpenter les rues et le reste, pas les musées car ils
sont tous fermés pour 5 jours.
Reste le
principal, la vie comme en semaine, grouillante et colorée.
Les belles
places, bordées de manguiers impressionnants, qui ponctuent un urbanisme en
damier; quelques belles bâtisses historiques; la ligne des docs restaurés, l’exceptionnel
marché qui s’étant sur un bon 200 mètres le long de la rivière jusqu’à
rejoindre le port traditionnel et le premier fort des Portugais encore décoré
de ses vieux canons. La Cathédrale et quelques belles églises respirant le
baroque portugais du temps de la conquête et puis la vieille ville dont les trottoirs plus ou
moins défoncés sont autant d’étals de petits commerces de toutes choses devant
des magasins gorgés de marchandises. Comme en Asie, la population se restaure
aussi dans la rue mais les Filles nous ont fait bouder les stands du marché
comme ceux des trottoirs et c’est sous les ventilos que nous avons trouvé
refuge avec une platrée de riz, de haricots et de viande diverse pas toujours
identifiable à nos yeux d’Européens, à l’abri de la chaleur mais surtout du
vacarme de la rue, le silence n’est pas brésilien.
Ce soir, ce
sera dîner à l’hôtel devant la collection de vieilles et récentes photos de la
cité phocéenne. Hôtel dont nous avons retrouvé la porte vers 16heures après
quelques “zigs et zags” hésitants, bien fatigués (avec de belles ampoules à mes
papattes), au bout de 6 heures de lutte dans la chaleur de plomb.
Boa noite e
amanhã
Mardi 31
décembre
Dernier jour
de l’année avec au programme un grand feu d’artifice sur le fleuve, entre
23heures et minuit pour clore l’année et commencer 2014, mais avant....
En remontant
la côte fluviale de 25 kilomètres, plus en amont donc, se trouve une petite
bourgade portuaire, Icoaraci, qu’hier nous avons appris pouvoir être rejointe
facilement en bus et c’est précisément ce que nous avons fait ce matin en une
petite heure.
Saint
Christophe priez pour nous !
Je pense que
le chauffeur probablement habité de l’esprit de Senna, au milieu de sa
collection de petits pompons, de volettes et rideaux roses, a voulu nous épater
et dès que la circulation le lui permettait, s’est mis à lancer à “donf” son
vieux bus en le poussant dans les virages à la limite du dérapage, jusqu’à ce
qu’Anne, convaincue que nos aventures ne pouvaient pas bêtement s’arrêter là,
fasse un signe désespéré à son poinçonneur, d’une de ses deux mains disponible,
pour obtenir une conduite plus conforme à nos sensibilités routières.
C’est avec une
grande complicité que nous nous sommes quittés, à grands coups de moulinets de
la main.
En avant
première de ce qui nous attend, nous avons vécu “la berge”. Des embarcations,
souvent de bois, amarrées dans un désordre apparant autour d’un long warf
planté dans l’eau ocre, un ballet improvisé de gens qui montent ou qui
descendent, des enfants au cou ou à leur côtés, dès qu’un enfant marche c’est
un “petit d’ homme” autonome. Des passagers presque toujours chargés de
valises, de sacs ou de cartons, ils arrivent de quelques villages perdus dans
les îles d’en face, ou plus en amont, ou plus en aval. Belem avec son bon
million et demi d’habitants est le poumon économique du Para, nom éponyme de la
région... Bref tout un avant goût de la vie du fleuve que nous découvrirons dès
demain soir.
A côté, une
promenade ombragée avec des petits stands proposant la production artisanale de
la région, de belles poteries décorées de signes amérindiens, plus loin la
berge tourne pour un autre bras de rivière et la promenade débouche sur une
plage, une vrai plage de sable plutôt blanc, plutôt fin, avec des buvettes où
l’on y trouve à boire toujours et à manger pour certaines et c’est là que nous
avons déjeuné d’un gros poisson de rivière chacun, avec une sorte de rougail,
du riz et des haricots.
Je sens que la cure de fayots ne fait que commencer... Les femmes ici ont le ventre bien rond, ça démarre d’en dessous les seins et ça rejoint le très bombé creux des cuisses, là ou les Brésiliens font encore trop d’enfants. Les hommes sont peut être moins soucieux de la couche d’ozone... Le Brésilien aime la musique !
Je sens que la cure de fayots ne fait que commencer... Les femmes ici ont le ventre bien rond, ça démarre d’en dessous les seins et ça rejoint le très bombé creux des cuisses, là ou les Brésiliens font encore trop d’enfants. Les hommes sont peut être moins soucieux de la couche d’ozone... Le Brésilien aime la musique !
C’est d’ailleurs
en musique qu’un bus interpellé au loin de la main pour qu’il nous attende, nous
a ramenés à Belem après avoir vérifié avant de monter qu’il partait pour la
bonne destination.
La chance nous
avait mis sur une autre ligne pour un chemin différent, surtout avec une
conduite plus conforme à nos habitudes.
Un peu avant
16heures, au son des premiers pétards, nous étions à l’hôtel, le quart d’heure
suivant sous la douche, et pour nous deux, l’autre d’après dans la piscine.
Les pétards se
sont intensifiés au moment où nous nous mettions à table dans l’une de nos
chambres, sur deux bancs récupérés dans l’hôtel et recouvert d’un paréo, les
filles sur le bord du lit et nous les garçons sur un troisième banc. An menu
“foie gras” arrosé d’un bordeaux liquoreux ramenés par nos amis et saucisson
sec d’auvergne par nous. Rassasiés, nous avons décidé d’ouvrir le champagne
demain sur le bateau. Anne a du ré-emmailloter sa bouteille et la remettre dans
son sac.
22heures le taxi
était là, direction les quais.
La fièvre de
la Saint Sylvestre a enflammé la population au point d’avoir l’impression qu’il
ne manque personne, les docs sont baignés de lumières et de musique, des
orchestres propagent leurs rythmes endiablés par des baffles surpuissants, le
foule déhambule à tout-touche.
La série des
restaurants se la joue “réveillon” avec réservation, nappe de tissu blanc et
belle vaisselle, garçons habillés comme des pingouins, à quelques mètres au-delà
de barrières de fortune. Les gens plus modestes ont apporté leurs pliants et
regroupés par famille et amis, se le jouent façon “pic-nic”.
La police en
gilet pare-balles, flingo à l’épaule et pétard à la ceinture, veille à ce que
des excès de fraternité ne bouscule pas trop les codes qui permettent à bonne
société de fonctionner.
Difficile de
résister à la samba sans se laisser prendre et chaque orchestre a son parterre
“dansant”. Belle collection de shorts blancs gonflés de fessiers affriolants,
si les mecs savent rester sobres dans leur tenue, les filles rivalisent de
provocations vestimentaires, elles sont belles comme des Brésiliennes même les
môches et comme c’est la grande nuit tout le monde est à la fête et c’est très
bien.
Si les
“drag-queens” ont leur vedette de la chanson, elle est à Belem et nous étions
tous “scotchés” devant ses prouesses vocales, percussions et cuivres pour un
syncrétisme musical entre jazz et classiques brésiliens.
A minuit, la
première fusée est montée au ciel pour éclater juste au moment où une pluie de
paillettes d’alu l’a envahie. Et pendant un bon quart d’heure, de l’eau, est
monté aux nues ce qui nous a semblé être l’un des plus beaux feux d’artifices
qu’il nous a été donnés de vivre.
Alors que la
joie continuait de faire vibrer les tables des terrasses, “le peuple”, le
pliant sous le bras, dans sa grande sagesse prit la direction de la maison et
les rues furent prises d’assaut entre ballet de bus de de taxi... Le nôtre nous
a oubliés et le coeur en fête nous sommes rentrés à pieds.
A 1heure30
nous éteignons la lumière.
Boa noite e amanhã
Mercredi 1er janvier 2014
Toute la journée est consacrée à
notre embarquement, “L’AmazonStar” appareille à 19heures et nous devons nous
présenter au port deux heures avant. Notre cabine est réservée, pas
d’inquiétude pour nous, mais sur les 850 passagers embarqués la grande majorité
dormira dans les salles à hamacs, et chacun avec le sien dans son sac, aura à
se ruer pour ne pas avoir la plus mauvaise place... La course des
spermatozoïdes !
Nous avons passé la matinée à
préparer nos affaires, à partir acheter une bombonne de 5 litres d’eau par
personne et un pack de canettes de bière locale par couple...Nous voilà parés,
au moins en partie.
Belem ville morte un 1er janvier,
pas un resto d’ouvert, même les docks sont bouclés et de retour à l’hôtel, c’est
Elysabeth (la fille du Boss) qui nous a conseillés la “cantine” du Hilton tout
proche.
Nous en revenons et restons au
Massilia dans l’attente du taxi commandé pour rejoindre le port.
Avis à tous: Il est fort peu probable que nous ayons accès à
“internet” avant Manaus dont l’arrivée est prévue pour le lundi 6 au matin.
Dans la mesure où le temps aux escales
le permettra, nous enverrons quelques petits messages laconiques avant de vous “déverser”
en arrivant les pages complètes de la navigation avec les photos.
Boa noite e amanhã
Je suis content que vous avez pu vous ravitailler avant votre départ !
RépondreSupprimerComme d'hab je me tiens prêt sur skype :)
Déçu, déçu,déçu ! Je m'attendais à voir une photo de Christian en drag-queen ou déguisé en spermatozoïde pour séduire Anne dans son hamac. J'espère que vous ferez mieux dans la prochaine série, sinon je me désabonne. Allez, je vous embrasse quand même. Pascal.
RépondreSupprimerSuper de passer le Nouvel An avec vous sur le Blog. Mes meilleurs voeux pour 2014. Je vous embrasse et pense bien a vous. Le recit du nouvel an est super .....
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