Trans-Amazonie

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lundi 1 septembre 2014

IBARRA


Dimanche 2 février 2014

Les tremblements de terre et les intempéries générées par « El Ninio » à la fin des années 90 en causant des dommages importants aux voies, ont fini par mettre un terme au chemin de fer équatorien qui de la côte Nord du Pays, rejoignait Guayaquil au Sud dont une grande partie dans les Andes, d’Ibarra à Cuenca en passant par Quito.

Fini le petit train qui caracolait sur les cimes ennuagées, bourré jusqu’au toit d’Indiens hautS en couleurs, mais avant que soit restauré complètement le trajet Quito-Guayaquil, restent trois petits tronçons « touristiques »  dont celui d’un « autoferro » qui relie trois fois par semaine d’Ibarra, où nous sommes, à Salinas, un bled perdu planté au milieu d’une plaine à 40 kilomètres environ vers le Nord-Ouest, en direction de la côte précisément… C’est très exactement le petit plaisir que nous nous sommes programmés hier pour ce dimanche, avec un départ à 12heures30 pour un retour à 17heures.

« L’Autoferro » comme son appellation invite à le penser, est l’étrange rencontre d’un autocar monté sur des boggies et d’une voie ferrée étroite, qui fait souvent un pied de nez avec le strict parallélisme comme nous pouvons le remarquer au premier coup d’œil… Et au coup premier coup de « pin-pon », nous v’là partis, notre chauffeur aux manettes, le volant entre les mains qui dans un sens sert à libérer la puissance et dans l’autre commande le freinage.

Pour traverser la ville, des motards d’un service de sécurité nous précèdent pour bloquer la circulation jusqu’à la limite de la civilisation, avant que la nature ne prenne le dessus : défilé, flanc de montagne et à pic, tunnels et l’inévitable viaduc métallique au dessus d’ eaux tumultueuses, avant de nous enfoncer dans les plantations de canne à sucre, la raison d’être de Salinas et de sa population que nous découvrons, descendante d’esclaves d’origine africaine… Ceci allant avec cela !

La ville écrasée sous le soleil est endormie, seuls quelques gamins et gamines ne font pas la sieste. Le repas est compris, quelconque, et nous voilà repartis en chemin inverse, à 30 kilomètres/heure comme à l’aller.

Installés confortablement aux places avant, nous avons passé l’après-midi à récupérer de la fatigue du matin car nous avons usé de la semelle sitôt sortis, en commençant par un nouveau tour des édifices religieux fermés la veille : la cathédrale du Parque Moncayo, aussi imposante à l’intérieur qu’à l’extérieur, avec d’impressionnantes peintures des apôtres et de quelques saints dressés sur chaque pilier, et puis l’église de la Vierge de la Merced, pas avare de miracles pour les bonnes âmes de la région, qui étaient en pleine messe, les familles, surtout indiennes, étaient à la prière en chanson, un petit moment de grâce que nous avons discrètement partagé.

A la lisière du centre, notre guide de voyages nous conseillait de découvrir tout un quartier ancien fait de petites maisons et de jardins, mais si le coin fût probablement typique en son temps, il ne mérite plus vraiment les efforts à déployer pour le rejoindre, d’autant qu’il faut en revenir. La recherche d’un café-internet à travers les rues nous a fait découvrir le secteur du marché, vivant à souhait que ce soit sous la halle, sur les trottoirs encombrés de vendeurs et de chalands, ou dans les rues engorgées de véhicules de livraison.

A 17heures, la ville était redevenue calme, les rideaux presque tous baissés sauf notre glacier préféré chez lequel nous avons pris notre « potion de jouvence » plus quelques viennoiseries à tremper dans notre déca avant de faire dodo.














Lundi 3 février 2014
Hier le train et aujourd’hui la voiture pour changer.
Comme nous exprimions samedi à notre sympathique hôtelier notre souhait de trouver une petite agence de tourisme pour réserver « un trip » afin d’explorer les sites et villages de la région dont celui d’Otavalo à une vingtaine de kilomètres au Sud, réputé pour avoir le marché artisanal le plus typique de tout l’Equateur, et notre homme nous a proposé d’appeler un taxi de sa connaissance pour le réserver « à la journée », solution qui nous a paru plus économique en fin de compte mais nous permettant surtout notre liberté chérie… C’est donc ce qui fût fait et nous nous sommes mis d’accord sur le programme des visites souhaitées.
Notre taxi était au rendez-vous ce matin et nous avons débuté par le début, à la sortie Nord d’Ibarra, la lagune Yahuarcocha, une appellation qui veut tout simplement dire en quechua « lac de sang » car une bataille sanglante s’y est déroulée sur les rives entre les habitants et les conquistadors. Pas nécessaire de préciser qui en est ressorti vainqueur !
Nous avons fait le tour du lac, de grande profondeur dans son écrin de montagne, et nous avons repris la direction du Sud pour un second arrêt à San Antonio de Ibarra, bourgade spécialisée dans le travail du bois, certains artisans donnant dans le meuble et d’autres dans la sculpture… Plus commerciale que véritablement inspirée.
L’étape suivante fût pour le bourg de Cotacachi, ville célèbre en Equateur pour avoir élu le premier Maire indigène mais pour ce qui nous concerne, nous sommes passés du bois au cuir, dans toutes ses applications vestimentaires et autres, comme des selles de canasson… Et Anne s’est acheté un joli sac à main d’un beau jaune.
13 kilomètres plus loin, nous avons rejoint au bout d’une grimpette qui nous a menés au-dessus de 3000 mètres d’altitude, le lac de Cuicocha qui avec plus de 200 mètres de profondeur occupe le cratère du volcan éponyme, en sommeil depuis 3000 ans et qui ne s’est pas réveillé pendant que nous étions admiratifs des lieux qui avec un peu d’imagination avaient un véritable air de lac italien.
Et il était 12heures30 lorsque nous sommes arrivés à Otavalo pour une vraie pose, la ville n’ayant aucun cachet particulier, c’est bien entendu son marché qui a retenu notre attention, non sans être passé à table au préalable, sur la terrasse d’un petit resto en bordure de la vaste place où les indiens Otavalo, puisque c’est le nom de la peuplade qui a donné le nom à la cité, proposent les fruits de leur artisanat : de la flûte de pan au tapis mural, en passant par tout ce que le touriste de passage est susceptible d’acheter en dépit d’un bon goût pas toujours au rendez-vous… Et nous n’avons rien acheté.
L’intérêt de ce marché est que les Otavalo sont connus pour être un des peuples qui ait conservé leurs habitudes de vie, y compris pour la jeunesse à partir de leur plus jeune âge, notamment dans la mise vestimentaire. Les femmes sont vêtues d’une longue jupe bleue marine fendue pour s’ouvrir sur une étoffe aussi blanche que le corsage de dentelle qui couvre le buste, une série de colliers de perles dorées au cou et sur la tête une coiffure qui ressemble plus à une serviette de table pliée au carré posée sur la chevelure, qu’un véritable chapeau. Les hommes sont en pantalon blanc avec un poncho bleu marine, parfois un chapeau de feutre rivé sur le crâne mais presque toujours une queue de cheval, un catogan ou une tresse. Aux pieds des sandales de fibres tressées.
C’est avant tout un peuple de tisserands, tirés à quatre épingles et rigolos comme tout avec leur mètre 50 de moyenne et qui tous les jours investissent donc la « plazza des ponchos » qu’aucun voyagiste dans le monde n’oublie d’inclure dans les circuits qu’il propose à sa clientèle.
Avant de reprendre la route, nous ne pouvions qu’inviter notre chauffeur à nous gratifier d’un petit tour de ville via le « parque Bolivar avec ses beaux palmiers devant la classique cathédrale coloniale, et la « plazza 24 mayo » qui n’est autre qu’un grand marché couvert qui déborde de partout de légumes et de fruits d’une grosseur étonnante, inversement proportionnelle au volume de ceux qui les consomment… Là comme ailleurs superbement vêtus.
Au-dessus de la ville se niche dans les altitudes arborées le pueblo de Peguche duquel nous sommes partis pour une petite marche d’une dizaine de minutes, pour rejoindre une jolie cascade au cœur d’une forêt d’eucalyptus particulièrement géants, le catholicisme fervent de la population n’empêchant pas la survie de pratiques plus païennes, les lieux sont sacrés et les Indigènes continuent d’y célébrer le solstice d’été entre autres.
La route de retour passant par la petite ville d’Atuntaqui, haut lieu de la confection, nous n’avons posé le pied au sol que pour faire nos petites courses alimentaires pour le casse-croute du soir. Nous avons pour projet de nous délester de vêtements en quittant le pays, pas d’en acheter.
Encore une belle journée ensoleillée de découvertes, les dieux sont avec nous et nous verrons demain en prenant la route de Quito s’ils nous restent bienveillants.



















 


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