Mardi 28 janvier 2014
Après une nuit parfaitement réparatrice, nos mésaventures du « « vol »
digérées, nous étions d’attaque pour affronter la route infernale du
retour, de jour cette fois-ci et pour ce faire avec un maximum de précaution,
nous avions opté pour un départ de bonne heure, à 8 heures 30, ce qui nous a
fait 9 heures lorsque le bus pris la direction de Popayan.
San Agustin à environ 1700 mètres d’altitude est construite sur un plateau
en pente douce et c’est dans les montagnes qui la bordent que la Magdalena, le
fleuve « roi » de Colombie et dont nous avions croisé le cours très
large entre Tunja et Medellin, prend sa source. Sans en croiser cependant le
lit, nous avons tout de suite retrouvé la hauteur des reliefs et découvert à
nouveau la présence de caféiers, pas étonnant qu’après le pétrole et le charbon
ce soit le troisième produit exporté, il y en a presque partout !
Les militaires entre aperçus dans la nuit étaient toujours en poste. Décontractés
dans leurs véhicules et chars légers, les FARCS doivent se tenir à distance
dans la jungle environnante, et notre route, le plus souvent en état de piste
défoncée a commencé à caracoler comme dans de montagnes russes à des altitudes
de 2600 à 2800 mètres.
De jour, la circulation était plus intense avec de nombreux poids lourds
pour assurer le ravitaillement des contrées plus à l’Est de San Agustin et de
nombreux travaux nous ont contraints à de nombreuses attentes pour cause de
circulation alternée, à la lumière nous avions l’impression d’avancer à travers
un paysage dévasté par je ne sais quel séisme !
Mais avec sa nature sauvage, le paysage est beau et finalement plus habité
que ce que notre vision nocturne pouvait nous le laisser supposer, et nous
avons retrouvé la gare routière de Popayan sur les coups de 13 heures 30… Et
les locaux de la police.
Devant les écrans, nous avons découvert les images fatidiques ou presque, à
savoir celles d’un individu pour nous inconnu, avec un sac sur le ventre chargé
à la descente contrairement à ce qu’il était à la montée, nous révélant le
scénario du vol, un classique, pendant que nous étions « enfumés »
par celui qui nous avait entrepris, un comparse s’était chargé de vider le sac
de Anne alors caché de sa vue, en une opération de quelques secondes seulement…
Nous avions dû être repérés dans la gare, à l’achat de nos billets probablement
et suivis jusqu’au bus.
Anne accompagnée de Danielle, pour son espagnol, sont parties en « panier
à salade », au commissariat à quelques rues de la gare routière pour
déposer plainte et récupérer une déclaration de vol pour une tentative de prise
en compte par nos « assurances », mais l’avenir nous apprendra qu’il
n’en sera rien !
Et nous avons fini par nous installer à l’hôtel « Los Balcones »
au centre de la vieille ville, une maison coloniale aménagée en hôtel et dont
la bâtisse pour elle-même mérite amplement la visite, et qui nous a proposé de
bien belles chambres, une vraie suite concernant la nôtre, un confort idéal
pour une halte de trois nuits. Nous avons décidé de demeurer 2 jours complets
pour reprendre notre souffle avant de poursuivre vendredi notre route vers le
Nord pour nos Amis qui ont opté dès le départ pour une solution « balnéaire »
d’une dizaine de jours sur la côte Caribéenne avant de retrouver le sol
français, et nous vers le Sud pour trois semaines d’Equateur.
Popayan qui est une destination privilégiée des voyagistes pour son
urbanisme et patrimoine colonial est surnommée la « Ciudad blanco »
en raison d’une blancheur exemplaire de ses bâtisses, et nous avons mesuré tout
le charme au cours du reste de l’après-midi, sous les derniers rayons de soleil
mais aussi, après le dîner, à la lumière des lampadaires… Un vrai coup de
cœur !
Mercredi 29 janvier 2014
L’ authenticité de Popayan, qui est à 1700 mètres d’altitude la capitale de
région, a survécu depuis sa fondation en 1537, malgré maints séismes au cours
de son histoire, et c’est pour en avoir une vue d’ensemble que nous avons pris
dès le début de la matinée la direction d’ « El Morro de tulcan »,
une colline sur laquelle Sébastien de Belacazar sur son cheval admire la cité
qu’il a fondé au XVIème siècle, et que nous avons pu une fois notre souffle
retrouvé, apprécier à notre tour, suivant une vue presque aérienne, au milieu
d’enfants venus avec leur institutrice… Avant de redescendre en direction du
centre de la ville et de sa belle place « Parque Caldas » , arborée
et meublée de nombreux bancs comme pour la grande majorité des places, et
surtout bordée de l’imposante « Catédral Basilica Nuestra Senora de
la Asuncion » de style néoclassique et relativement récente puisque bâtie
en 1906 sur les ruines de 4 cathédrales, toutes tombées lors de tremblements de
terre, ce qui ne l’a pas empêchée de subir encore le séisme du 31 mars 1983 au
matin , son dôme s’est écroulé comme beaucoup de toits de la cité… C’était le
« jeudi saint » !
Seulement en pleine matinée les portes étaient closes et nous avons remis à
la fin de l’après-midi le plaisir de la découvrir de l’intérieur.
Un beffroi imposant s’élève depuis 1682 sur le même côté de la place, qui
lui a défié les séismes comme nombre de bâtiments qui émaillent la vieille
ville, à l’instar de l’église « Santo Domingo », la plus grande de la
ville et la plus remarquable du point de vue architectural comme nous l’a
annoncé nos guides de voyages, et de son cloître transformé en université comme
la ville en possède de nombreuses, catholiques ou pas.
Nous nous sommes heurtés à d’autres portes fermées, les églises sont
ouvertes pour les messes du matin et pour les vêpres de fin de journée.
Repas léger et sieste pour tous pendant laquelle nous sommes allés d’un
coup de taxi, au terminal des bus pour acheter nos billets et choisir nos places
pour le surlendemain, Ipiales la ville frontière.
Notre lit n’étant pas au niveau du confort souhaité, nous avons changé de
chambre à 15heures et passé d’une suite à un véritable appartement avec deux
chambres, une salle de bain et un espace cuisine, et au milieu de beaux meubles,
une belle table pour y dîner à quatre, ce que nous avons projeté de faire pour
les deux soirs restants.
En Espagnol, chambre d’hôtel se dit « habitacion » et là il
s’agit bien de véritable habitation !
En attendant, nous sommes repartis pour poursuivre notre flânerie avec
beaucoup de monde sur les trottoirs, cette fois-ci nous avons pu visiter la
cathédrale aussi puissante à l’intérieur qu’à l’extérieur.
Nous avions dans le collimateur deux autres églises mais leurs portes
étaient aussi fermées et nous avons dû remettre la poursuite de « visites
religieuses » complémentaires au lendemain d’autant que nous ne pouvions
repasser, le temps tournait à l’orage et la pluie menaçait alors qu’il nous
fallait faire nos petites courses pour le soir.
Jeudi 30 janvier 2014-03-04
Nuit parfaite dans notre « habitacion » d’au moins 50 m², de quoi repartir frais et dispos, après le petit-déjeuner de l’hôtel, à la conquête de la ville pour une seconde journée.
Nuit parfaite dans notre « habitacion » d’au moins 50 m², de quoi repartir frais et dispos, après le petit-déjeuner de l’hôtel, à la conquête de la ville pour une seconde journée.
Sur une autre colline en bordure de la ville, fût construite en 1681 une
petite chapelle, la « Capilla de Bélen », reconstruite en 1885
toujours suite à un séisme, les tremblements de terre sont réguliers dans les
Andes mais semblent être une spécialité de la région, mais là aussi la chapelle
étaient fermée, et nous nous sommes contentés du panorama. Mais comme nous
sommes redescendus par le grand chemin en forme d’escalier que nous n’avions
pas trouvé à la montée, nous avons pu apprécier toute la statuaire composant le
chemin de croix qui monte jusqu’aux lieux saints.
En retrouvant le centre ville, nous avons visité le petit musée d’art
religieux, intéressant sans plus en dehors de quelques œuvres remarquables des
premiers temps de la chrétienté en Colombie, en dehors aussi du bâtiment
« colonial » qui l’abrite.
Un mélange des genres étonnant, c’est le policier de faction qui nous a
fait visiter les différentes pièces du musée, à quand la visite du musée d’Orsay
ou du Louvre par les Crs?
Chemin faisant, nous pénétrons dans les porches pour jeter un regard sur
les maisons qui s’articulent toujours autour d’un patio avec souvent une
galerie qui court à l’étage, sur laquelle comme au rez de jardin, débouchent
les pièces de l’habitation. Nombre de ses maisons abrite des services
administratifs et d’enseignement justement.
Au nombre des musées, après nous être tapé le nez sur deux petits musées
fermés pour cause de travaux, dont celui « d’Arts Modernes », nous
avons eu plus de chance avec la maison de Guillermo Valencia, poète natif de la
ville et qui devint Président de la République de Colombie , que l’on vit en
photos avec les grands du monde, au centre desquels notre grand Général figure
en bonne position, je me souvenais d’un « mano à la mano » dans un
discours à Mexico mais je ne me souvenais pas d’une visite présidentielle en
Colombie.
Vu aussi la « Casa Muséo Martinez », un poète en même temps
« soldat » cette fois-ci… Pourquoi pas. Comme je le disais ce sont
surtout les maisons qui sont intéressantes, elles vous ramènent quelques petits
siècles en arrière avec un minimum d’imagination.
Et nous avons trouvé, c’est pas fréquent, un joli restaurant pour déjeuner,
avec un service « d’étoilé Michelin » pour un repas sur nappe avec
entrée, plat, dessert et boisson, pour l’équivalent de 3 euros 40, et le
plaisir aux lèvres nous sommes rentrés pour une petite sieste, histoire
d’échapper un peu aux morsures du soleil qui s’était réveillé !
A 16 heures, nous mettions à nouveau le nez dehors, objectif d’autres
musées et quelques autres églises visitables en principe après 17heures.
Dans l’ordre, nous avons vu la toute jaune « Iglésia San José »
puis « l’Iglésia San Fransisco qui fût construite en 1795 pour devenir la
plus grande église de Popayan, remarquable par sa masse architecturale
encadrant avec ses bâtiments annexes, sa belle place carrée sur deux côtés,
enfin « Santo Domingo » construite en 1741 suivant un harmonieux
mélange de styles renaissance et churrigueresque ( baroque espagnol du
XVIIIème siècle particulièrement chargé), toujours sur une belle place, et pour
terminer la chapelle « La Ermita » qui date de la fondation de la
ville et particulièrement couverte d’or, étalant ainsi une richesse quasi obscène
au regard des pauvres ouailles venus assister à l’office… c’est tout l’Amérique
hispanique.
En comme la veille, nous avions retrouvé notre petit supermarché pour les
courses du soir, pour le dernier repas en commun chaque couple partant vers son
« destin ».
L’avion de nos amis doit décoller à 8 heures demain matin, et notre bus
prendre la route une demi-heure plus tard.
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