Lundi 27 janvier 2014
A 7 heures 30, nous étions fin prêts sur le pas de notre porte à attendre
nos Amis. La ville se réveillait à la fraîcheur humide du matin, dans un ciel
bas, les montagnes environnantes semblent fumer. Les petites motos, pas
toujours d’une première jeunesse, pétaradent dans le petit matin, avec quelques
rares voitures des carrioles bringuebalantes tirées par de petits chevaux complètent
la circulation, les cochers avec le poncho sur l’épaule et le chapeau rivé sur
la tête, souvent un « panama ».
Les hommes vont au travail et les enfants à l’école.
Annibal, le gérant des « piaules » que nous découvrons être en
même temps le patron d’une petite agence de voyages, est venu aux nouvelles
quelques instants plus tard pour nous vendre quelques prestations. Mais notre
séjour dans sa petite ville étant limité à une journée pour visiter le parc,
c’est fort de ses indications que nous avons envisagé de les faire seuls.
Après un petit déjeuner « local », nous avons pris un taxi pour
couvrir les 3 kilomètres de route pour nous y rendre et à 9 heures et demie,
nous étions à pied d’œuvre pour une visite du parc qui allait, après avoir
parcouru l’ensemble des sites, nous emmener jusqu’à 13 heures.
Le Parc de San Agustin, classé au patrimoine de l’humanité par l’Unesco,
est probablement le site archéologique le plus important de Colombie. Il se
compose de quatre ensembles de statues monumentales et de tombes, autrefois
colorées, ces divinités de pierres qui se dressent dans toute leur minéralité
aujourd’hui, un temps bien éloigné d’une civilisation qui aurait existé entre
les VIème siècles avant notre ère et le XIVème siècle après.
Ces statues monolithiques qui sont hautes jusqu’à 7 mètres et taillées dans
la roche volcanique, représentant le lien entre les vivants, les morts et les
divinités, sont gravées de figures anthropomorphes et zoomorphes représentant
soit des dieux ou des créatures terrestres, soit des animaux porteurs de
symbolisme appartenant aux cultures précolombiennes. Cette statuaire gardait
les tombes avoisinantes, toutes pillées en leur temps.
Nous avons attendu la navette pour revenir « en ville » à
l’entrée de laquelle nous avions repéré un petit resto sympa. Les filles ont
donné dans le poisson et les garçons se sont retrouvés avec une assiette de 500
grammes d’excellente viande, assurément le meilleur repas depuis le départ, et
qui nous a conduits à la sieste !
Restait à nous trouver le bus de retour pour le lendemain matin, un
café-internet pour Anne en mal d’ordinateur et, un papetier pour moi pour
continuer mon récit de voyage sur un cahier, me réservant la possibilité de
compléter le blog au retour… Entre-temps, nous avions pris la décision de
poursuivre notre voyage tel que projeté !
Nous en avons profité pour arpenter amplement les quelques rues de San
Agustin, animées d’une circulation aussi hétéroclite que dense avec des
motocyclettes montées de deux à trois personnes, des utilitaires et des
charrettes, parfois des cavaliers seuls et des bus bondés, des trottoirs
envahis par un monde bigarré, devant l’église la place Bolivar surpeuplée
d’hommes oisifs.
Dîner sans intérêt particulier et retour dans nos chambres de choc que nous
avions fini par conserver après avoir envisagé avec Annibal d’en trouver de
plus confortables. Il faut dire qu’étaient survenus des problèmes
d’alimentation en eau, finalement rétablis après le repas par notre logeur qui
avait fait sa réapparition.
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