Vendredi 31 janvier 2014
Partis relativement à l’heure, nous ne sommes arrivés à Ipiales qu’à
17heures, petite ville de province agricole et d’élevage sans véritable intérêt
autre que d’y passer la nuit si l’on veut franchir la proche frontière de jour…
Comme nous en avions précisément l’intention.
Le fait est que la ville ne brille ni par son architecture faite de
bâtisses qui affiche la reconstruction, ni par son urbanisme dont seules quelques
rues en damier relient deux places sans cachet véritable, chacune avec son
église aussi kitch l’une comme l’autre, et la plus grande, en dépit des bâtiments
municipaux qui affichent un modernisme pourtant contrastant. L’hôtel que nous
avions choisi sur le « Routard », et devant lequel le taxi nous a
déposés avec nos bagages, ne semblait ne plus être en activité depuis belle
lurette et ce n’est qu’à quelques dizaines de mètres qu’un autre, tout aussi
quelconque, nous a hébergés. Comme nous avions choisi d’être précisément dans
le centre, en une heure de ballade nous avions fait le tour de tout ce qui
méritait d’être vu, au milieu des badauds qui à cette heure de fin de journée
avaient envahi les trottoirs, et qui ne respiraient pas plus la richesse que les
marchandises proposées dans les modestes vitrines. Comme Anne avait une
furieuse envie de pizza pour changer du train-train de bouffe, nous avons donné
dans le genre et bingo, le pizzaiolo s’est montré à la hauteur de nos fantasmes
culinaires du soir… Notre pizza était excellente et la bière qui l’a
accompagnée d’un vrai bonheur.
Nous avions déjà l’esprit « de l’autre côté », surtout que nous
supposions la route à l’image de celle que nous venions de vivre et qui de nos
premières places à l’avant, a défilé devant nos yeux comme un documentaire en
technicolor.
Les paysages étaient la plupart du temps « à couper le souffle »
et Anne m’a vite sorti sa boîte à superlatifs, avec raison car c’est
probablement la plus belle route que nous ayons faite depuis Bogota, il est
vrai que déjà en arrivant à Popayan, nous avions eu le sentiment de vraiment
« attaquer » les Andes dans les hauteurs.
Un premier bus nous a amenés en 5 heures jusqu’à Pasto, et un second, un
van d’une autre compagnie en vérité car n’étant plus que deux à continuer le
chemin au delà de cette ville intermédiaire, nous avons « été
vendus » à la concurrence pour un complément de 2 heures jusqu’à Ipiales.
Nous étions aujourd’hui dans les grands espaces, avec des montagnes énormes
sur les flancs desquelles notre route surplombait des précipices souvent
vertigineux avec toujours un rio aux eaux vives au fond, expliquant une
végétation toujours luxuriante. Pour passer d’une vallée à l’autre, le col est
parfois le plus court chemin, les montées pour y mener gravitent toujours dans
un paysage plus sec fait de cactées de différentes sortes proposant par un
changement radical du décor, un dépaysement dans le dépaysement !
Nous avons vécu un long ruban serpentant sans cesse, toujours la
Panaméricaine, parfois défoncée mais souvent en bon état, avec la vie qui
s’accroche à elle en chapelets d’habitations lorsque des plateaux croisés ne
favorisent pas la présence de villages, entourés de cultures vivrières dans des
pentes à 45°… Les Andes vertigineuses.
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