Trans-Amazonie

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lundi 1 septembre 2014

POPAYAN - IPIALES



Vendredi 31 janvier 2014

Partis relativement à l’heure, nous ne sommes arrivés à Ipiales qu’à 17heures, petite ville de province agricole et d’élevage sans véritable intérêt autre que d’y passer la nuit si l’on veut franchir la proche frontière de jour… Comme nous en avions précisément l’intention.

Le fait est que la ville ne brille ni par son architecture faite de bâtisses qui affiche la reconstruction, ni par son urbanisme dont seules quelques rues en damier relient deux places sans cachet véritable, chacune avec son église aussi kitch l’une comme l’autre, et la plus grande, en dépit des bâtiments municipaux qui affichent un modernisme pourtant contrastant. L’hôtel que nous avions choisi sur le « Routard », et devant lequel le taxi nous a déposés avec nos bagages, ne semblait ne plus être en activité depuis belle lurette et ce n’est qu’à quelques dizaines de mètres qu’un autre, tout aussi quelconque, nous a hébergés. Comme nous avions choisi d’être précisément dans le centre, en une heure de ballade nous avions fait le tour de tout ce qui méritait d’être vu, au milieu des badauds qui à cette heure de fin de journée avaient envahi les trottoirs, et qui ne respiraient pas plus la richesse que les marchandises proposées dans les modestes vitrines. Comme Anne avait une furieuse envie de pizza pour changer du train-train de bouffe, nous avons donné dans le genre et bingo, le pizzaiolo s’est montré à la hauteur de nos fantasmes culinaires du soir… Notre pizza était excellente et la bière qui l’a accompagnée d’un vrai bonheur.

Nous avions déjà l’esprit « de l’autre côté », surtout que nous supposions la route à l’image de celle que nous venions de vivre et qui de nos premières places à l’avant, a défilé devant nos yeux comme un documentaire en technicolor.

Les paysages étaient la plupart du temps « à couper le souffle » et Anne m’a vite sorti sa boîte à superlatifs, avec raison car c’est probablement la plus belle route que nous ayons faite depuis Bogota, il est vrai que déjà en arrivant à Popayan, nous avions eu le sentiment de vraiment « attaquer » les Andes dans les hauteurs.

Un premier bus nous a amenés en 5 heures jusqu’à Pasto, et un second, un van d’une autre compagnie en vérité car n’étant plus que deux à continuer le chemin au delà de cette ville intermédiaire, nous avons « été vendus » à la concurrence pour un complément de 2 heures jusqu’à Ipiales.

Nous étions aujourd’hui dans les grands espaces, avec des montagnes énormes sur les flancs desquelles notre route surplombait des précipices souvent vertigineux avec toujours un rio aux eaux vives au fond, expliquant une végétation toujours luxuriante. Pour passer d’une vallée à l’autre, le col est parfois le plus court chemin, les montées pour y mener gravitent toujours dans un paysage plus sec fait de cactées de différentes sortes proposant par un changement radical du décor, un dépaysement dans le dépaysement !

Nous avons vécu un long ruban serpentant sans cesse, toujours la Panaméricaine, parfois défoncée mais souvent en bon état, avec la vie qui s’accroche à elle en chapelets d’habitations lorsque des plateaux croisés ne favorisent pas la présence de villages, entourés de cultures vivrières dans des pentes à 45°… Les Andes vertigineuses.
















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