Samedi 8 février 2014
Nous avons battu le pavé de bien bonne heure ce matin et alertés par la
sirène de « l’autoferro », nous avons commencé à faire un saut à la
gare mais du train nous n’avons pu qu’entre apercevoir son arrière s’éloigner
en se dodelinant sur sa voie, que nous suivrons pendant la première moitié de
la route pour Cuenca, jusqu’au village d’Alausi.
Nous avions surtout pour projet ce matin de faire un saut au marché
« indigène », un marché qui ne connait pas le gadget à touristes. Des
Indiens des montagnes qui descendent le samedi matin à Riobamba pour y vendre
leurs produits aux Indiens de la ville : des vêtements, des tissages, des
chapeaux…
Pas de quoi à y rester non plus des heures et le temps de prendre nos
bagages au passage, et un taxi pour nous mener au terminal routier, nous
quittions la ville rapidement et c’est au terme de 5heures de route que nous
sommes arrivés, entiers, à 13heures30 à Cuenca distant de seulement 260
kilomètres, certes de bonne route mais de haute montagne toute la seconde moitié
du parcours au point que nous avons roulé dans les nuages, à ne pas voir à 20
mètres devant nos roues, une vraie prouesse du chauffeur que l’on suppose
habitué cependant à l’épreuve.
Comme les villages traversés se trouvaient plutôt dans les dépressions,
posés en contrebas, nous retrouvions un paysage dégagé à chaque fois que nous
passions en dessous du plafond nuageux, mais le reste du temps nous nous
jouions des précipices que l’on ne devinait plus que nous pouvions les voir… Etrange
sensation qui n’a pas été sans faire peur à Anne qui se voyait à chaque virage basculer
dans le vide, ou de nous prendre une voiture, un bus ou un poids lourd en
pleine face. C’est plus confortable d’être fataliste !
A Cuenca, nous sommes arrivés au plus au Sud de notre route, en la
terminant par le passage de la Panaméricaine le plus périlleux que nous ayons
connu depuis Medellin. Pour gagner Guayaquil il nous faudra remonter vers le
Nord-Ouest et direction du Pacifique.
Avec ses 400.000 habitants, Cuenca est la troisième ville de l’Equateur mais
en matière de patrimoine colonial certains lui confèrent la première place, du
fait de son unité architectural car aucun séisme n’est venu ruiner la cité. Pas
de volcan non plus venu l’ensevelir de ses cendres, Cuenca élevé au centre
d’une vaste plaine à seulement 2500 mètres d’altitude est éloigné des hauts
sommets des Andes.
Le temps de prendre nos marques, repas sur le pouce et recherche hésitante
d’un gîte confortable pour y passer deux nuitées, nous avons passé une bonne
partie de l’après-midi à faire un bon premier tour de ville ; rues pavées
bordées de beaux immeubles et jolies places, et nous sommes descendus jusqu’au
rio Tombebomba, qui en contrebas sépare la ville historique de la ville
moderne, et le reste de la journée à faire « salon » et « salle
à manger » dans le très beau patio de notre hôtel, aménagé comme nous en
avons connu d’autres, dans une très belle demeure d’époque.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire