Trans-Amazonie

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lundi 1 septembre 2014

IPIALES – LA FRONTIERE – IBARRA



Samedi 1 février 2014

En vérité l’autre raison de notre « stop » à Ipiales, ne concerne pas cette bourgade mais la présence du village de Las Layas situé à seulement 7 kilomètres plus à l’Est et à l’heure du laitier nous étions en quête d’un taxi collectif pour nous y mener.

Las Lajas est un village accroché quasiment à la falaise qui surplombe le rio, au-dessus duquel a été élevée en contrebas une basilique de style néogothique, flamboyant à souhait, formant un pont au dessus du cours d’eau… Pas question de quitter la Colombie sans visiter le « Lourdes » du Pays qui rayonne jusqu’en Equateur comme nous le découvrirons en descendant le long chemin qui y mène.

Le taxi vous laisse à l’entrée du village, fait de rues pavées bordées de restaurants et de boutiques de souvenirs et de « bondieuseries » vous plantant le décor dès les premiers pas. Si tôt le matin les rideaux n’étaient pas tous levés et c’est donc sans perdre de temps que nous avons suivi les pancartes menant au sanctuaire, une rue en pente qui serpente entre les maisons avant de déboucher sur un escalier qui plonge le long de la falaise. Sur le flanc rocheux, des centaines et des centaines d’ex-voto de la part des Colombiens mais aussi d’Equatoriens, sous formes de plaques en marbre la plupart du temps et cimentées à la paroi, témoignent de prières et de remerciements à la Vierge qui en 1754 a eu la bonne idée, au moins pour le commerce du coin, de faire une apparition terrestre à une petite fille muette qui sous le choc en a retrouvé la parole… Et depuis le Pays « pélerinne » en masse tout au long de l’année.

Justement à la remontée, les familles déboulaient, principalement des Andins « à petites pattes » et chapeaux sur la tête, pour les plus anciens car les jeunes sont à la tenue internationale comme chez toute la jeunesse du monde, avec un jeans sur les fesses. Pour reprendre notre souffle, nous avons fait une halte café avant de reprendre un taxi, un peu trop tôt pour nous attabler devant l’un des cochons d’inde qui rôtissait sous nos yeux. Le « cuy », qui se prononce « couille » j’en suis désolé, est le mets de choix des Andes et à midi je n’aurais pas été contre de renouveler mon expérience du Cuzco mais voilà, à 9 heures à peine dépassées, c’est un peu tôt pour mon estomac… Pour Anne, même pas en rêve !

A 9heures30 le taxi nous déposait à Ipiales, le temps de récupérer nos sacs, nous montions dans un autre taxi à 9heures45 et à 10heures nous étions déposés à la frontière… Devant nous l’Equateur.
Anne allait retrouver ce Pays où à 24 ans elle arpentait les rues de Guayaquil et de Quito avec son Officier de Marine marchande de mari au bras, mais pour moi c’est encore trois semaines de découvertes totales avant la fin du voyage !

Sortir de Colombie est aussi facile que d’y entrer, et entrer en Equateur est aussi aisé que de sortir de Colombie.

Rien de plus simple pour les pesos restés en poche, une poignée de changeurs « à la sauvette » vous donne le change en dollars, la surprenante monnaie de l’Equateur depuis la disparition du « sucre » en septembre 2000, et entre le très moderne « poste » frontière de la Colombie et le plus modeste d’Equateur, c’est environ 300 mètres à parcourir avec nos sacs à roulettes à la main avec un rio à traverser, le même plus en aval que celui de Las Lajas, et le temps de parcourir quelques petits kilomètres dans un nouveau taxi, nous étions à Tulcan, la ville frontière d’en face, et plus précisément à la gare routière pour « chopper » un bus en direction d’Ibarra, à un bon cent kilomètres plus au Sud, notre objectif.

Tulcan, à 3000 mètres est la ville la plus élevée du Pays et le paysage qui s’est ouvert à nous est « monstrueux » de montagnes vertes des Andes Equatoriennes, peuplées et cultivées de ce que nous en voyons, presque un décor de montagnes suisses, vaches comprises. Les Cordillères de Colombie qui ne faisaient plus qu’une avant d’arriver à Ipiales, s’est ouverte à nouveau et nous avons débouché sur un vaste plateau d’altitude entre deux chaînes, fait de gorges qui nous impose de grands lacets en descentes et en montées pour avancer. Le sol est parfois zébré de larges saignées correspondant fort probablement à des failles sismiques comme celles que nous avions croisées dans le Sud du Pérou il y a quelques petites années.

C’est ainsi que nous sommes arrivés à Ibarra en début d’après-midi, une ville construite sur large plateau entre 2200 et 2300 mètres d’altitude, le Rio… en contrebas.

Et la chaleur.

Nous avons un peu galéré pour trouver notre hôtel, sans ordi pas de réservation à l’avance comme nous pratiquions quand nous sommes tous les deux, et les guides ne vous informent pas sur leur possibilité d’accueil sans compter sur le décalage fréquent entre les tarifs annoncés et ceux pratiqués. Il faut y aller au flanc avec cependant la facilité de voyager hors période des congés locaux, cela ne suffit pas toujours… Mais nous avons fini par trouver la chambre de qualité que nous voulions pour y passer 3 nuits, et nous avons passé le reste de l’après-midi à organiser notre séjour tout en faisant un bon tour dans le centre de cette nouvelle « Ciudad Blanca », blanche à cause de ses maisons blanchies comme à Popayan, une jolie ville faite de rues en damier, pavées, et des places arborées et bordées de beaux bâtiments coloniaux, de belles églises imposantes.

Vus donc le Parque de la Merced et le Parque Pédro Moncayo du nom de « l’homme  fort » de l’histoire de la cité et nous avons fini par nous attabler chez Rosalia Suarez, au moins dans sa « héladeria », une véritable institution depuis que la vieille dame, née en 1897 et aujourd’hui disparue à l’âge de 105 ans, a créé de fabuleux sorbets qui sont garants de longévité pour celles et ceux qui les consomment !

Plus qu’ailleurs, c’est dire, à Ibarra tout le monde a sa glace à la main et les glaciers sont bondés.

Pour confier notre sentiment sur l’Equateur , en sachant que ce n’est pas en quelques heures que l’on puisse être pertinent, force est d’avoir pu constater au cours de cette journée, qu’en dehors d’un contrôle de la police des frontières en cours de trajet qui nous a reniflé nos bagages étalés sur le trottoir, par le biais de leurs chiens, vérification tout a fait logique, la police se fait nettement plus rare qu’en Colombie, sur la route et en ville, et que les militaires restent assurément dans leurs casernes.

Les frontières représentent toujours des zones sensibles, et c’est le cas de celle que nous venons de franchir, les Colombiens reprochent aux Equatoriens de fermer les yeux sur les mouvements FARC qui viennent se réfugier chez eux, et les Equatoriens reprochent aux Colombiens d’être trop laxistes avec les Cartels de la drogue… Ce qui n’est plus tout à fait exact, pour preuve, ce matin même à Ipiales au moment de régler notre hôtel, le journal posé sur le desk relatait qu’un petit avion intercepté la veille sur le petit aéroport de la ville avait été arraisonné, bourré de drogue pour le compte d’un Cartel mexicain.

De même, sur la route comme à Ibarra, les grilles de protection ont grandement disparu, aucun des hôtels auxquels nous nous sommes adressés en début d’après-midi n’était barricadé « à clé » comme ceux de Colombie l’étaient.

Autre constatation, si déjà à l’approche de Popayan, en Colombie, la population s’était « andianisée », frontière franchie, la population d’origine andine devient une constante dans le paysage, et la population « blanche » affiche souvent des faciès et des allures moins métissés qu’en Colombie et qu’au Brésil, voire pas du tout.

Reste à savoir si cette observation va se vérifier dans les jours à venir, pas forcément.
























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